mercredi 15 octobre 2008

Deux fois la même histoire


Deux films explorant le même thème à quelques semaines ou mois d'intervalles, c'est du déjà vu. Mais deux oeuvres écrites par un frère et une soeur racontant la même histoire à travers deux points de vue lancées à un peu moins de 5 mois d'intervalle... plutôt rare. Et ça se passe au Québec, en plus!

Dans C'est pas moi je le jure!, sorti à la fin septembre 2008 au Québec, le réalisateur Philippe Falardeau s'approprie deux romans autobiographiques de Bruno Hébert... frère d'Isabelle Hébert, scénariste de Maman est chez le coiffeur, long métrage de Léa Pool que les cinéphiles québécois ont pu apprécier en mai dernier. Dans ces 2 oeuvres, le frère et la soeur se souviennent avec émotions et un brin d'humour du tragique départ de leur mère, partie refaire sa vie en Europe au cours d'un été des années 1960. Le personnage de Léon Doré, dans C'est pas moi je le jure, comme la Alice de Maman est chez le coiffeur devront apprendre à vivre avec leur tristesse, profonde, beaucoup d'incompréhension, et le sentiment d'avoir été sacrifié sur l'autel d'une vie meilleure.

Moins d'effets... moins d'émotions

Philippe Falardeau a abordé son scénario avec beaucoup moins d'effets que Léa Pool:
  • reconstitution plus approximative et moins soignée de la décennie 1960
  • nombre réduit de personnages - dans Maman..., les enfants étaient nombreux et tous avaient un problème, à croire qu'on avait planté dans la même ville tous les sans amours du Québec de moins de 15 ans
  • décor plus pesant et moins bucolique
  • musique planante sans référence. 
L'histoire y apparait davantage authentique, quoique plus dramatique, aucun plan ne semble "mis en scène" -Pool avait tendance à construire certaines scènes, leur enlevant beaucoup de réalisme-, Antoine L'Écuyer, le comédien incarnant Léon, signe un sans faute et trace la voie d'une carrière prometteuse. Et pourtant...

C'est pas moi je le jure m'a moins touché que son film jumeau. J'étais sorti de la projection de Maman est chez le coiffeur presque aussi renversé que les enfants abandonnés! Profondeur de jeu de Marianne Fortier? Émotion d'effets, provoquée par un appui de la musique aux situations? Film mieux ramassé et sans longueur? Je ne sais pas. Le troisième film de Falardeau tarde un peu à décoller, offre en Léon un personnage complexe et autodestructeur loin de notre réalité. Son histoire d'amour avec Léa séduit et émeut mais... ne bouleverse pas. Et on ne sait trop ce qui arrive au jeune homme à la fin du film.

Falardeau voyait en C'est pas moi je le jure! son film le plus commercial, grand public. J'ai néanmoins préféré ses oeuvres précédentes, La moitié gauche du frigo et Congorama.


Un film qui se déguste comme un bon vin

Le plus récent film du réalisateur Woody Allen, Vicky, Christina, Barcelona, se déguste avec appétit comme un bon vin à la lueur d'une chandelle. Plus efficace que bien des campagnes touristiques, il va jusqu'à convaincre l'heureux buveur de s'envoler siffler toute sa bouteille sur l'une des terrasses de la ville de Gaudi... question d'y tenter à son tour le destin et d'y trouver le compagnon idéal pour "a creazy week-end in Oviedo"!

Allen répète  avec Vicky, Christina... ce qu'il avait réussi avec l'un de ses films précédents, Match Point, filmé à Londres : donner de l'âme à une ville à travers une histoire qui se tient sans être inédite ou exceptionnelle, miser sur des comédiens attachants et convaincus (Scarlett Johansson, Rebecca Hall, Javier Bardem et Penélope Cruz) jouant avec bonheur la naïveté, la séduction, la névrose ou l'amoureuse souffrance, tout en semant ici et là quelques pistes de réflexion: renoncer à une vie déjà toute tracée d'avance par une série de principes pour "écouter son coeur" constitue-t-il un acte de foi ou un pied de nez à la facilité? peut-on s'écarter de la recherche d'un amour simple par un désir d'être différent,  de ne pas s'abandonner aux clichés?

Vous ne vous casserez certainement pas la tête au visionnement des aventures des américaines Vicky et Christina, heureuses victimes d'un séducteur lors d'un été de bamboche et d'études à Barcelone. Vous y apprivoiserez plutôt avec bonheur quelques personnages sensuels de l'oeuvre: l'art, la guitare, la chaleur des soirées d'été... sans oublier la capitale catalane!

Barcelone : un personnage

Car Barcelone ne se contente pas d'incarner le décor d'histoires d'amour sans lendemain dans cette comédie romantique: elle EST l'un des personnages du film. Vicky, Christina, le peintre séducteur Juan Antonio et l'hystérique artiste Maria Helena m'ont presque convaincu de renoncer à la Turquie pour explorer le pays du flamenco. Comme L'Auberge espagnole de Cédric Klapisch, tiens. 

Pourquoi Barcelone? Parce qu'on peut s'y baigner dans la Méditerranée et se gaver d'oeuvres architecturales fortes au cours de la même journée, démabuler dans les rues jusqu'à minuit au son de la musique, y faire la fête comme aller au musée. Sans doute comme dans bien des villes du monde... mais il en faut bien une qui fasse davantage battre notre coeur!

Dormir dans un cercueil

Parlant de voyage, jetez un oeil sur ce texte du journaliste de La Presse Philippe Mercure, qui a expérimenté les hôtels capsules japonais, minuscules dortoirs urbains qu'envahissent les hommes qui manquent leur train au terme de soirées de travail... ou de beuverie. Une initiative propre à la société japonaise, qui trouverait difficilement des clients en terre d'Amérique. En tout cas, je l'espère...




lundi 6 octobre 2008

Poulet portugais et automne urbain

Fin de semaine de découvertes que celle qui vient de se terminer.

Une bonne adresse gastronomique, d'abord, celle du restaurant Les Bossus, sympathique bistro français aux prix plus que raisonnables et à l'ambiance franchement agréable, du genre, on jase sans complexe et sans crainte de déranger le voisin tout en sifflant une bouteille de vin! J'y ai dégusté un excellent poulet portugais dont je ne pourrais vous décrire la recette, mais me suis surtout surpris à me délecter du boudin aux poires de N. 

J'y retournerai sans faute pour une célébration quelconque. Vite un prétexte!

Le parc linéaire de la rivière Saint-Charles, ensuite, que je continue d'explorer avec CD en cet automne franchement coloré. Après le tronçon boulevard Wilfrid-Hamel-boulevard Chauveau, nous nous sommes aventurés cette fois de Chauveau à la chute Kabir-Kouba. La présence constante de la rivière et du son cristallin de ses rapides dans un décor de feuillus déjà teintés de roux, d'orangé, de jaune et de rouge plus prononcé, des sentiers aménagés mais tout de même accidentés, juste assez pour stimuler notre cardio, et quelques passerelles suspendues au-dessus de la rivière pour mieux l'admirer: la ballade se révèle à la fois contemplative et sportive.

Une carte est accessible en ligne, mais celle que je me suis procurée au Centre Info-Tourisme du Vieux-Québec me semble plus claire. La carte du parc est aussi distribuée dans les bureaux d'arrondissement.  On y apprend où stationner sa voiture pour mieux arpenter le parc. En vélo, celui-ci se laisse explorer du bassin Louise à l'avenue Marie-de-l'Incarnation, toujours le long de cette rivière que le maire Jean-Paul L'Allier -dont on s'ennuie tant- à eu la sagesse de faire dépolluer, tout en coordonnant la renaturalisation de ses berges. Un succès.

Ces articles qui traînent... encore et encore

Je poursuis le "nettoyage" de mon bureau pour partager avec vous quelques bonnes adresses virtuelles portant sur les voyages.

Pour ne pas voyager seul

Changer d'air vous démange... mais l'absence de coexpéditionnaires vous cloue au sol? Voici 4 références Web pour les amateurs de voyage que la solitude ennuie (source: André Désiront, La Presse, 30 août 2008) :

  • le site américain Travbuddy : si la perspective de voyager presque assurément avec un compagnon anglophone dans la vingtaine vous enchante
  • le site français Voyages Célibataire : dont les membres appartiennent à divers groupes d'âge
  • les groupes Bougex et Action-Passion , organismes québécois planifiant des activités -surtout des journées ou des fins de semaine de plein air- s'adressant particulièrement aux célibataires et organisant parfois des voyages.
Il y a encore Facebook, mais je ne me résous toujours pas à faire mon entrée sur ce réseau...

Faire son album de voyage en ligne

Mon amie NL m'a déjà vanté les vertus du logiciel Les Pros de la Photo, disponible dans les sites Internet de la plupart des chaînes de pharmacies,  rappelle la journaliste Caroline Rodgers dans La Presse du 4 octobre. Le logiciel permet de concevoir un album -de son plus récent voyage, par exemple- qu'on passe récupérer une à 2 semaines après son envoi sur le site de son apothicaire favori. Deux formats sont proposés: le livre classique ou le carnet thématique boudiné aux airs de scrapbook. 

Voilà qu'une entreprise québécoise a développé sa propre application, PhotoInPress. Celle-ci offre davantage de possibilités créatives que le produit des Pros de la Photo :

  • 230 modèles de page contenant de 1 à 16 photos au lieu de 11 modèles logeant un maximum de 3 photos
  • de l'espace pour du texte à volonté au lieu de se limiter à aux seuls titres
  • plus grand choix d'arrière-plan des photos...
Moi, qui, un an plus tard, n'a pas encore terminé mon album de photos du Japon, rêvait d'un tel concept permettant de troquer le stylo qui tache et le plastique d'un album pour le bon vieux clavier.

lundi 29 septembre 2008

Le bâton de marche et le figuier


Ce samedi 27 septembre, JM et SR se sont mariés religieusement. 

J'insiste sur le "religieusement" car, de toute évidence, ils accordaient davantage d'importance à la cérémonie au cours de laquelle ils allaient s'engager officiellement, célébrer leur amour devant parents et amis et solliciter le concours de Dieu pour veiller sur leur couple qu'au fameux tandem "bouquet-jarretelle", pour reprendre l'expression du DJ de la soirée. 

Dès l'arrivée, le marié, fébrile, attendait chacun des invités sur le pas de l'église de Pointe-au-Pic pour leur souhaiter une bonne célébration. Un geste significatif.

Un prêtre peu conventionnel, ami des mariés, s'était déplacé de la rive-sud de Québec pour consacrer l'union de mes amis. Peu conventionnel par ses interventions -"où est-ce qu'on est rendu, là?"-, par son refus des prières toutes faites mais surtout, par son discours. Un prêtre qui m'a rappelé ce que j'appréciais d'un rassemblement communautaire de croyants catholique: la chance e participer à une rencontre de laquelle je retirais des enseignemens -et pas nécessairement religieux- pour mon quotidien.

Le bâton de marche

JM et SR sont des amateurs de randonnée. Je les soupçonne de pique-niquer quotidiennement au sommet d'une colline tellement les années les ont vus devenir familiers avec les sommets de la province, du pays et même de la planète! 

Leur passion de la randonnée en montagne, leur désir d'aventure et leur goût de la découverte ont toutefois donné lieu à l'une des plus belles métaphores de la cérémonie : l'importance, dans ces expéditions, du bâton de marche, que SR associe à la présence de Dieu, qu'on peut aussi voir comme un signe d'équilibre.

Le célébrant a saisi la balle au vol pour associer le bâton de marche à son propriétaire...  un couple en marche, un couple qui avance, évolue, se "dérange" au quotidien, comme l'exprimait récemment mon père. Êtes-vous un couple en marche ou un couple assis? nous a lancé l'homme d'Église entre deux réflexions.

La question m'a interpellé. Et me rappelle combien il est facile de prendre l'autre pour acquis, de ne plus prendre la peine de lui dire s'il-vous-plaît ou merci, de le féliciter de ses bons coups plutôt que de s'irriter de ceux qu'on apprécie moins, de l'écouter et de le stimuler.

J'ai songé que je ferais tout pour ne pas faire partie d'un couple assis... surtout en ces temps où la forêt m'appelle de toutes ses couleurs et que le bâton de marche n'est pas bien loin.

La parabole du figuier

Je suis habitué, dans les mariages, d'entendre la lecture de l'épître de Saint-Paul dans laquelle le disciple vante les vertus de l'amour.  Dans la chorale de ma tante J., au primaire, je ne compte plus le nombre de mariages au cours desquels nous chantions le fameux Si je n'ai pas l'amour, bercé par la voix mélodieuse d'une soliste devenue optométriste.

Le choix de texte de JM et SR s'est plutôt porté sur la parabole du figuier. Métaphore riche du sens qu'ils attribuent à chaque membre du couple au jour le jour :

"Un homme a un figuier qui pousse dans sa vigne. Il y va pour cueillir des fruits mais il n'en trouve pas. Pour cela, il s'adresse au vigneron: Cela fait trois ans que je viens chercher des figuers dans ce figuier et que je n'en trouve pas. Coupe-le, pourquoi gaspillerat-il la terre? Il lui répond: Maître, laisse-le encore une année, le temps que je bêche alentour et que je mette du fumier, et qu'il donne des fruits l'année suivante. Sinon, tu le couperas." (La nouvelle traduction de La Bible, Évangile de Luc, chapitre 13, versets 6 à 9)

De quel fumier pouvons-nous nourrir le figuier du mariage, voire du couple ? nous a lancé -de façon plus littéraire, quand même- le prêtre désireux de générer une homélie interactive? De patience, de détermination, de don de soi, ont répondu des personnes de l'assistance. Excellente question!

Ce fumier de grande qualité ne rime sans doute pas avec égocentrisme ou routine. À chacun, j'imagine, d'en déterminer la composition. Et de réfléchir encore à chacun des ingrédients qui le constituent... avant, dans un geste évocateur des consommateurs que nous sommes, de jeter une relation pour la remplacer aussitôt par une plus neuve ou une plus attirante.

Deux questions, deux réflexions qui flottent dans l'air comme ces feuilles d'érable orangés ou rouge feu que l'on aperçoit ces jours-ci dans les montagnes de Charlevoix...

En attendant, je souhaite un très heureux voyage de noces aux jeunes mariés et surtout, de nouveaux sommets à embrasser au coeur des Alpes italiennes!

Voyager à petit prix

Votre budget, comme l'économie américaine, est victime d'une crise financière majeure? Pas une raison pour arrêter de voyager!

Dans La Presse du 28 septembre, la journaliste Caroline Rodgers répertorie 3 sites de rabais pour les vacances, les billets d'avion et les réservations d'hôtel :
Et tant qu'à économiser en voyage, pourquoi ne pas le faire à la maison? Caroline Rodgers cite d'autres sites Web susceptibles d'adoucir nos fins de mois :



jeudi 25 septembre 2008

Notes en bas de page


Dernière journée de sa 32e année pour mon ami CB aujourd'hui, alors que cet auteur prolifique et historien accompli en ajoutera une demain à son parcours. Comme la Croix Rouge et ton concessionnaire auto, je voulais être le premier à te souhaiter bonne fête!

jeudi 11 septembre 2008

Notes en bas de page



Joyeux anniversaire, chère CD, toi que la beauté du lac Delâge aura sans doute comblée en cette journée toute spéciale! En te souhaitant de continuer de grandir en sagesse... On célèbre samedi soir!

La culture pour vivre


Avec Ce qu'il faut pour vivre, le cinéaste Benoit Pilon, appuyé par les talents de scénariste de Bernard Émond (magnifique La Neuvaine), livre un film peu bavard, mais pourtant tellement éloquent, sur l'exil, le choc et les barrières culturels, la transmission de cette culture qui anime et définit ce que l'on est. Le film met surtout en évidence les talents du comédien Natar Ungalaaq, dont le visage et le regard sont littéralement transparents, fenêtre tantôt ensoleillée, tantôt sombre sur une vaste palette d'émotions.

Ce qu'il faut pour vivre raconte le départ obligé de Tivii de son village de la Terre de Baffin, en 1952. Atteint de tuberculose, cet Inuit qui existe d'abord pour chasser et nourrir sa famille est forcé de s'embarquer à destination de Québec, afin d'y être soigné. Enfermé dans un hôpital, Tivii s'adapte péniblement au monde des Blancs, dans lequel il ne possède aucun repère, là où les arbres "empêchent de voir loin", où chaque meuble, chaque mur, chaque fenêtre est une cloison le séparant de cette nature qu'il chérit, où la  communication avec les gens qui l'entourent passe difficilement par les mots, mais par les petits gestes du quotidien.

Tivii sera sauvé par une infirmière pleine de compassion qui tente tant bien que mal de le convaincre de vivre -lumineuse Éveline Gélinas-, mais surtout, par un jeune garçon, Inuk comme lui mais parlant la langue des Blancs, avec qui il peut partager son savoir-faire, les légendes et les traditions qui ont façonné son peuple.

Tout est simplicité dans ce film: les décors, les dialogues, les enjeux, mais tout est aussi vraiment authentique. On apprécie l'oeuvre pour la présence et l'investissement des comédiens ainsi que pour la profonde humanité s'en dégageant.

Les Québécois ont boudé leur cinéma à la fin du mois d'août, paraît-il, alors que s'amenait enfin l'été! Alors que la rentrée nous offre une variété de films de chez nous et que les premières annonces de risque de gel au sol -oui oui, déjà!- se font déjà entendre, réapprivoisons les salles ... et la délicieuse atmosphère du café du cinéma Le Clap!

La culture, cet impossible enjeu

L'attachement profond que voue le personnage de Tivii à la culture dont on l'a déraciné dans Ce qu'il faut pour vivre m'invite à réfléchir sur la campagne électorale en cours. Les récentes coupes faites par le gouvernement conservateur dans divers programmes culturels deviendront-elles un enjeu électoral au coeur d'une campagne hyper-négative centrée encore une fois sur la stratégie et les déclarations controversées plutôt que sur le contenu?

La fierté d'un peuple à l'égard de ce qu'il est passe, en partie en tout cas, par la force et la variété de sa culture et par le rayonnement de celle-ci à l'étranger, sous différentes formes. Comment voyagerons ces danseurs, acteurs, cinéastes, sculpteurs, peintres, musiciens qui nous représentent à l'étranger sans les subventions qu'on leur accordait pour partager leur talent à l'extérieur de nos frontières? Sûrement pas avec le salaire qu'ils gagnent. Le Canada devra-t-il désormais compter sur ses seuls soldats pour jouer les ambassadeurs au sein du "concert des nations"? 

Se tromper de cible

Suis-je devenu cynique? La campagne fédérale telle qu'elle est menée actuellement ne m'allume pas du tout. Les clichés traditionnels de cette politique partisane qui m'exaspère de plus en plus défilent les uns après les autres: les attaques personnelles fondées sur des faits qu'on déforme grossièrement, les annonces mises en scène de toute pièce, le bébé dans les bras de Stephen Harper... Difficile d'être inspiré par toutes ces figures imposées pensées par des faiseurs d'image!

Et puis, si l'enjeu de l'élection, selon Le Bloc québécois, Le Parti libéral du Canada ou le Nouveau parti démocratique, est cette montée de la droite qu'il faut ralentir, voire enrayer, pourquoi les partis dits progressistes ou de gauche ne consacrent-ils pas davantage d'énergie à constituer une alliance stratégique plutôt qu'à jouer le jeu du parti au pouvoir? Poser la question, c'est y répondre: pour régner seul lorsque le dit pouvoir viendra, sans doute! Difficile de parler de convictions en observant le jeu politique actuel.

Il est tout de même un peu pathétique d'entendre les députés Thomas Mulcair (du NPD) et Serge Ménard (du Bloc) en entrevue à Christiane Charette s'entendre sur à peu près tous les enjeux -à l'exception de l'avenir constitutionnel du Québec, évidemment-, se relancer à coup de "Nous sommes d'accord là-dessus"... avant de  se combattre mutuellement au Québec. Un beau gâchis de ressources. Oui, je suis content que la chef du Parti vert, Élizabeth May, soit conviée au débat des chefs les 1er et 2 octobre prochains. N'empêche qu'ils ne seront plus 3, mais 4 partis, à se diviser le vote de gauche et pro-environnemental.

Les conservateurs en route vers un gouvernement majoritaire? Je n'ose y penser...

jeudi 4 septembre 2008

De la catastrophe aux éloges



Cet été tardif n'est définitivement pas propice aux épanchements d'un blogueur... 

Depuis 3 soirs que je me le répète : il faut alimenter la bête! Comment me visser devant l'ordinateur alors que le soleil et la crème glacée molle à l'érable trempée dans le véritable chocolat au lait du glacier de la rue Aberdeen m'incitent aux ballades crépusculaires? Et il y a ces fins de semaine qui m'emportent à Chicoutimi et à Saint-Félicien retrouver ces amis dont je m'ennuyais ou sur mon vélo jusqu'à Cap-Rouge et Saint-Augustin!

"La flemme", avait déjà écrit mon amie et blogueuse Sophie. En ces temps de rentrée, je promets de me rediscipliner!

"Il y avait tellement de choses à faire..."

Le mardi suivant la fête du Travail marque toujours la rentrée... et pas seulement celle du chroniqueur à la circulation de l'émission de radio matinale de Radio-Canada! Tandis que ça bouchonne de nouveau coin Hamel-Henri IV, tous les collègues sont de retour au boulot, prêts à se retrousser les manches pour l'automne, les plus blasés commençant à magasiner un voyage dans le Sud pour l'hiver, ceux n'ayant pas quitté Québec cet été s'excusant presque en insistant : "Il y avait tellement de choses à faire en ville..."

C'est vrai.

De la catastrophe au succès de foule

Dans les jours et les semaines suivant le Coup d'envoi raté du 400e anniversaire de Québec, le 31 décembre dernier, les nouvelles relatives à cet événement historique s'amorçaient toujours sur un air de catastrophe : les tuiles s'abattaient sur le 400e au même rythme que les matelots quittaient le navire de la Société responsable de l'organisation des Fêtes. C'était sans compter sur le capitaine au commandement du navire : en quelques mois, Daniel Gélinas a fait des Fêtes du 400e un succès mémorable salué par les mêmes médias qui les avaient pourtant tellement critiquées.

Que retenir de ces Fêtes?

D'abord que la capitale n'a jamais été aussi séduisante! Non pas seulement grâce à ces charmes discrets qui font tant que j'aime ma Haute-ville -le calme apaisant, les propriétés et les plates-bandes menues mais colorées des rues Fraser et Lockwell, le jardin Jeanne-D'Arc, la vue de la terrasse Pierre-Dugua-De Mon surplombant la terrasse Dufferin-, mais par les vêtements d'apparat dont s'est revêtu la ville pour célébrer son quatrième centenaire :
  • le restauration du Bassin Louise, qui accueille l'Espace 400e... et son bistrot!
  • l'aménagement du bassin Brown
  • la promenade Samuel-de-Champlain
  • sans oublier l'un des cadeaux les plus contemplés des fêtes, le seul que nous ayions reçu en avance, la Fontaine de Tourny, dont l'inauguration a donné lieu à un spectacle tout aussi simple qu'émouvant
Quand même le journal La Presse de Montréal lance des fleurs à sa rivale du bout de la 20, c'est que Québec a de quoi plaire!

De quoi plaire et de quoi faire, aussi. Les Jardins éphémères, le potager des visionnaires, le Moulin à images, les spectacles gratuits et l'animation de rue hors normes de l'Espace 400e, Paul McCartney, l'OSQ, ses canons et ses feux d'artifice sur les Plaines, et ces spectacles que j'ai ratés comme Plaines lunes, marquant le 100e anniversaire du célèbre Parc des champs de batailles, Le chemin qui marche ou le Québec -Paris réunissant des artistes français et de chez nous, le 400e ne nous a jamais laissé soufflés en cet été qui aurait été diablement morose sans l'écho de la musique et les pétards des feux d'artifice!

Et Céline?

Sans billet, j'ai pu me faufiler sans peine sur le site de l'anneau des sports pour assister au spectacle de Céline Dion. Le site tardait à se remplir, tant à l'arrière que dans la zone réservée aux détenteurs de billets, tellement que j'en étais gêné pour la diva! Après les premières chansons, quelqu'un -René, du haut d'une hélicoptère quelconque???- est finalement intervenu pour faire ouvrir les barrières séparant les "sans billets" des "invités officiels", nous permettant ainsi de combler le vaste rectangle de verdure situé en plein coeur du site!

Le spectacle de Céline et de ses -nombreux- invités s'est révélé plutôt décousu, laissant successivement place à Dan Bigras et à une chanson sombre sur les enfants de la guerre de Bosnie, au néo-trad pro-environnemental de Mes Aïeux et au souvenir de l'ouragan Katrina chanté par Zachary Richard, notamment. Un spectacle en montagnes russes, sans véritable crescendo, faisant place à de multiples causes et à tout autant de styles, mais sans jamais décoller. .. à l'exception peut-être du numéro du clan Dion, dont les rythmes traditionnels ont réveillé un peu la foule amortie! Le clan Dion, oui oui!

Céline la bête de scène avait fait place ce soir-là à la toute nouvelle doctoresse! Sage, un peu effacée, de toute évidence fatiguée, Céline Dion a animé la soirée avec sobriété, sans surprise, sans la fougue dont elle peut parfois faire preuve, sans pas de danse endiablés ou expressions colorées. Elle semblait même mal à l'aise durant le reel interprété et dansé par Mes Aïeux à la suite de Dégénération. Étonnant.

J'ai néanmoins ressenti quelques frissons en entendant Éric Lapointe accompagner notre Céline sur L'amour existe encore, et bien plus encore devant l'apparition de Ginette Reno interprétant Un peu plus haut, un peu plus loin en duo avec la star. Un grand moment qui passera à l'histoire et dont on se rappellera encore... lors des festivités du 500e!

Une chanson pleine d'histoire

Le lendemain, mon collègue GG nous racontait l'histoire de cette grande chanson écrite par Jean-Pierre Ferland et chantée pour la première fois par Ginette Reno lors du fameux "spectacle sur la montagne" de la fête nationale de 1975, année internationale de la femme: Ginette Reno vivant à cette époque des moments difficiles...  rentrant seule ce soir-là à la suite d'une interprétation qui avait littéralement décoiffée les spectateurs présents, un texte fort évoquant à la fois l'émancipation de la femme.. et celle d'un pays en devenir. C'est beau... Et moi qui pensait à la mort en l'entendant le 22 août dernier.

Touristes en notre propre ville

Québec s'est révélée dans toute sa splendeur cet été, même dans ces sites les moins connus, que s'emploie chaque année à nous faire découvrir GB lors de ses sorties historiques. 

Par un temps splendide, nous avons visité cette année : 

  • les ruines du Château Saint-Louis, laissées à découvert par les rénovations effectuées sur le site de la terrasse Dufferin et donnant lieu à d'importantes fouilles archéologiques
  • l'Observatoire de la capitale et son exposition du photographe Kedl, qui a si bien capté l'essence de sa ville
  •  le Parc de l'artillerie, site d'interprétation sur la vie militaire à l'époque de la Nouvelle-France et du Régime anglais. 
Soutenue par le professionnalisme, la passion et le talent des guides de Parcs Canada, cette journée fut à la fois enrichissante et extrêmement divertissante.

Une ville de carte postale

Une déception, dans ce concert d'éloges : le film Infiniment Québec, de Jean-Claude Labrecque. Ce talentueux directeur photo a mis en images le Vieux-Québec, filmé à chacune des saisons. Des images rarement vues, dont celles de la course de canot, mais plusieurs clichés et une narration un peu banale. Cinquante-deux minutes parfois longuettes...

Que reste-t-il à nous mettre sous la dent au cours des prochaines semaines? Le Cirque du Soleil, peut-être un spectacle de clôture le 31... et le groupe vocal Arpège, le groupe de mon amie CD, ce vendredi à l'Espace 400e!