dimanche 2 mai 2010

Martin Genest, la suite


Culpabilité soudaine de n'avoir écrit ce matin que du bien sur un spectacle -Cabaret Gainsbourg- qui n'est plus à l'affiche. Je me sens un peu agace, en fait...

N'ayez crainte, je suis convaincu que ce Cabaret connaîtra une 2e vie. En tournée au Québec, peut-être? Ne le manquez surtout pas.

En attendant, gens de Québec, nous pourrons encore être éblouis par le talent de Martin Genest et de sa troupe du Pupulus Mordicus du 19 avril au 14 mai... 2011, au Théâtre du Trident. Genest y met en scène L'opéra de quat'sous, de Bertolt Brecht.

La saison 2010-2011 du Trident s'annonce prometteuse, d'ailleurs, avec une reprise de La face cachée de la lune de Robert Lepage et une création de Wajdi Mouawad.

France Gall - Les sucettes (1968) Stéréo HQ

En souvenir du Cabaret Gainsbourg, cette interprétation tout à fait candide de France Gall de la chanson coquine Les sucettes du grand Serge.

Serge et Alice


Semaine toute culturelle qui s'achève, marquée par le dévoilement de la programmation du 42e Festival d'été de Québec, par une adorable rencontre avec des marionnettes toniques et grivoises et celle un peu moins réussie avec des personnages en 3 dimensions victimes d'avoir été conçus après ceux d'Avatar...

Retour sur Cabaret Gainsbourg, pièce musicale éclatée présentée au Théâtre Périscope ces dernières semaines, et sur le film Alice au pays des merveilles de Tim Burton.

Serge réincarné

Pour rendre hommage au père de Charlotte, le metteur en scène Martin Genest et son complice, le marionnettiste Pierre Robitaille, ont concocté un spectacle mémorable en hommage au grand parolier de la chanson française. Hôte du Théâtre Périscope du 14 avril au 1er mai derniers, ce spectacle de "musique et marionnettes" n'a pas fait mentir la réputation du Théâtre Pupulus Mordicus, qu'animent depuis plus de 10 ans Genest et Robitaille : celle d'une compagnie alliant avec bonheur, frivolité et beaucoup d'audace l'art de la marionnette et une créativité débridée.

Quelle forme a pris ce Cabaret Gainsbourg? Celle d'une série de numéros interprétés, joués et dansés sur scène par le "manipulateur" Robitaille, 4 chanteurs et musiciens de grand talent et une chanteuse/danseuse/comédienne. Le tout dans une salle de théâtre transformée en véritable cabaret, avec petites lampes rougeoyantes sur les tables et "spots" maquillés en luminaires.

Sensualité et émotions

Je ne connaissais pas la musique période jazz de Gaisnbourg, que met en valeur le spectacle de Genest et Robitaille, et celui-ci ne m'y aura pas nécessairement converti. Quoique Gainsbourg possède une plume sensuelle bien tournée et un sens de la formule et du jeu de mots.

J'ai plutôt craqué pour la mise en scène des 17 courts numéros du spectacle, tonifiés par l'apparition de marionnettes de toute apparence, dont Lucien Gainsburg lui-même.

Deux perles:

  • L'interprétation yéyé de 69 année érotique dont le pont musical laissait place à l'apparition, tant dans la salle que sur scène, de marionnettes-poissons colorées et semblant nager dans l'air ambiant: magnifique.
  • Le clou de la soirée -que je chante sans cesse depuis 2 jours : la chanson Les sucettes servie dans un décor de champignons magiques par une chaperonne rouge marionnette à la fois candide et délurée, entourée de comparses fleuries plutôt bien membrés!
« Annie aime les sucettes, les sucettes à l'anis. Les sucettes à l'anis d'Annie, donnent à ses baisers un goût ani-sé... »
Des trouvailles de mise en scène
Tout le spectacle est ponctué de trouvailles de mise en scène :
  • jeux de miroirs
  • peinture sur disque vinyle projetée sur scène grâce à un dispositif de caméras
  • titres des pièces interprétées annoncées sur grand écran dans une calligraphie soignée
  • faux micros vintage
Sens de l'accessoire, sens du costume, bref, talent de metteur en scène ici!

Soulignons enfin les harmonies vocales des 4 musiciens-chanteurs finement travaillées... et la performance hallucinante de Valérie Laroche, danseuse solide, chanteuse émouvante, marionnettiste pas mal du tout et... interprète des sucettes d'Annie que je n'oublierai pas de sitôt!

Une Alice bien simpliste

J'aurais aimé m'émerveiller tout autant du film Alice au pays des merveilles de Tim Burton, offert en 3 dimensions dans plusieurs cinémas. J'avoue, j'ai dormi un brin durant la projection... mais mauvais signe, je n'ai rien raté de l'histoire de l'héroïne de Lewis Carroll, de retour au pays du chapelier fou, de la reine de coeur et du lapin horloger pour fuir une mésaventure de la vie que lui impose sa famille...

Le défaut de ce film visuellement soigné? Une histoire extrêmement -voire trop- simpliste, ponctuée de noms de personnages et d'objets imprononçables et un peu ridicules -le parmieux jour qu'on attend tout le film par exemple-, que ne sauvent pas de l'ennui des prestations de comédiens plutôt froides, des personnages auxquels on s'attache guère -malgré la qualité de jeu de Mia Wasikowska qui personnifie Alice- et une 3 D qui a le défaut de se pointer après celle, spectaculaire, imaginée par James Cameron dans Avatar.

Un film qui donne tout de même envie de lire les romans de Caroll.

Un Festival sans artistes québécois?

Je me suis emballé moi aussi lors du dévoilement de la programmation du Festival d'été de Québec, ce mardi : The Arcade Fire sur les Plaines, ça vaut amplement le 44$ du laissez-passer en pré-vente. Et je ne bouderai pas mon plaisir en hurlant I gotta feeling sur les Plaines en compagnie de Black Eyed Peas, auteur de la pièce qu'a notamment contribué à faire connaître le fameux lip-dub des étudiants de l'Université du Québec à Montréal.

Mais à part Gilles Vigneault et ses duos, Maxime Landry-ouin...- et des artisans du spectacle Les Chansons d'Abord, peu de musique québécoise ou francophone sur les scènes du festival 2010. Où sont les Yann Perreault, Dumas, Beast, Ariane Moffat, Fred Fortin, Tricot Machine et autres artistiques québécois dans la programmation de l'événement musical de l'été à Québec? A-t-on oublié d'inviter les chanteurs et groupes de France? Le Festival se heurte-t-il au changement de dates des Francofolies de Montréal tant appréhendé?

D'autres annonces restent à faire, paraît-il. En espérant qu'elles seront québécoises et francophones.

samedi 24 avril 2010

Rattrapage Web 2.0


Quelques nuits courtes m'ont permis la semaine et la fin de semaine passées de créer
  • ma page Facebook: j'ADORE ce médium!!!
  • ma page Facebook au bureau: outil de veille absolument génial qui me permet également de suivre plusieurs députés -j'évaluerais au quart environ la proportion de nos élus québécois qui sont sur ce réseau social- et d'informer mes "amis" sur tout nouveau contenu publié sur le site de l'Assemblée
  • mon compte Twitter: la période de questions en tweets, c'est comme si on y était!
  • mon compte Delicious, un outil d'étiquetage d'hyperliens extrêmement bien fait.
Merci à PP et à la conférence Webéducation du gouvernement du Québec sur l'utilisation des réseaux sociaux dans un contexte professionnel de communication pour cette initiation en accélérée aux réseaux sociaux.

J'aime.

Superhéros 2.0


À l'heure du Web 2.0, les superhéros communiquent entre eux par iPhone, se donnent rendez-vous sur My Space, s'orientent à l'aide d'un GPS et voient leurs exploits diffusés en direct sur You Tube grâce aux téléphones portables de leurs fans. Bienvenue dans l'univers de Kick-Ass, pur divertissement "tarantinesque", dans lequel la trame classique des films de superhéros embrasse le politiquement incorrect.

Film tout aussi inclassable que surprenant, ce Kick-Ass, du réalisateur Matthew Vaughn. Comédie noire teintée de "gore" et de scènes violentes parfois à la limite du soutenable, film d'action, de combats et de cascades, bande dessinée sur grand écran? Évidemment tout cela à la fois.

De zéro à héros

Dave Lizewski, adolescent mal dans sa peau, pas rejeté mais tout de même taxé, rêve de devenir superhéros pour devenir quelqu'un. Dans cette New-York anonyme filmée toute en hauteur comme dans les plus récents Batman, Dave présente des ressemblances troublantes avec le Peter Parker de Spiderman :

  • orphelin de mère -elle n'a "malheureusement" pas été assassinée, comme celle de Bruno Wayne, mais a plutôt succombé "bêtement" à un anévrisme au cerveau, c'est Dave qui le dit
  • habitant un quartier de banlieue peu nanti
  • amoureux de son inaccessible voisine de casier
l'adolescent perdu tente de gagner l'amitié du fils de riche solitaire négligé par son père, Frank d'Amico, un mafieux de la pire espèce.

Beaucoup de politiquement incorrect

Dans sa quête de justice, celui qui va devenir Kick-Ass voit son destin entremêlé à celui de 2 autres "faux" superhéros, Hit-Girl et Big Daddy -surprenant Nicolas Cage-, assoiffés de vengeance à l'égard de d'Amico, responsable de la mort de leur épouse et mère. Démarre alors une histoire à la fois sombre et lumineuse, dans laquelle le réalisateur évite tous les clichés de films de superhéros, s'en moque même, pour flirter avec un politiquement incorrect parfois dérangeant:

  • superhéros sans pouvoir
  • fillette de 11 ans "dressée" pour devenir une machine à tuer
  • quiproquo sur l'orientation sexuelle du héros du côté de sa fiancée qui rêve tellement d'un meilleur ami gai.
L'individualisme à l'heure de You Tube

L'oeuvre de Vaughn pose aussi un regard froid et lucide sur l'individualisme et le voyeurisme de la fameuse société 2.0, celle où on s'empresse de filmer et de photographier sur son portable des scènes violentes plutôt que d'intervenir, celle où la télévision refuse de présenter une vidéo extrêmement dure... tout en encourageant son public à aller voir la suite sur Internet.

Attention! On ne meurt pas toujours de belle façon dans Kick-Ass et le sang y gicle et pisse sans retenu. Malfrats broyés par une déchiqueteuse de voitures ou explosant dans un four à micro-ondes industriel, héros frappés à coup de bâton de baseball, quasi torturés... pas toujours facile à visionner, ce Kick-Ass. Mais chapeau à sa direction artistique, qui emprunte énormément à l'univers du réalisateur Quentin Tarantino : discussions tendues à l'extrême qui se terminent en bain de sang, esthétique à la limite du kitsch, trouvailles musicales parfois en total désharmonie avec les scènes qu'elles accompagnent.

Kick-Ass porte toutefois sa propre signature, celle d'un réalisateur et d'un scénariste vraiment talentueux. Dans un rôle difficile et exigeant physiquement s'apparentant à la mariée justicière des Kill Bill 1 et 2, Chloë Grace Moretz (Hit-Girl) "accote" sans peine la prestation de Uma Thurman, la muse de Tarantino: cette Chloë est fantastique.

Sorti de nulle part mais à découvrir, ce Kick-Ass, si quelques scènes "gore" ne vous dégoûtent pas trop.

Pour public averti.

P.S.: Vous êtes un fan de Tarantino? Il est encore temps de voir au cinéma Inglorious Basterds, petit bijou de film -quoique cette expression de "madame" convienne difficilement au réalisateur de Pulp Fiction...-, notamment lors de l'événement Zoom sur... Quentin Tarantino, au cinéma Le Clap de Québec.

mardi 13 avril 2010

Belles soeurs à Québec

Le Carrefour international de théâtre de Québec a réussi un coup de maître cette année, celui de mettre la main sur le spectacle Belles soeurs, comédie musicale adaptée de la pièce de théâtre de Michel Tremblay, qui fait un tabac en ce moment à Montréal. La pièce sera présentée à Québec le mardi 25 mai: ML et DB, N et moi allons essayer d'obtenir des billets pour la représentation dans la capitale, sinon on se fait signe pour Joliette cet été.

Présenté du 25 mai au 12 juin, le Carrefour offre aussi un défi de taille aux amateurs de théâtre, la trilogie Le Sang des promesses, 3 pièces, 12 heures au total, au son des mots percutants de l'auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad. J'ai déjà vu Forêts, une des pièces qui m'a le plus marqué par son histoire épique sur plusieurs générations. Je me promets d'être au Grand Théâtre le 12 juin pour découvrir Incendies et Littoral.

Autre spectacle qui promet, gratuit celui-là, ambulant en plus, le parcours théâtral
Où vas-tu quand tu dors en marchant, escapade en multiples tableaux en Haute ville et dans le quartier Saint-Roch sous la conduite du metteur en scène Frédéric Dubois.

Nous sommes chanceux de compter sur un festival de théâtre d'une telle qualité.

lundi 12 octobre 2009

Coup de coeur pour les pays d'en haut

Trop courte escapade cette fin de semaine à Mont-Tremblant, dans les Laurentides, pour découvrir une région du Québec que je n'avais jamais eu le bonheur de visiter. Vous savez quoi? Dans ce savant tricot de lacs, de rivières et de montagnes qu'est la terre d'accueil du curé Labelle, les couleurs ne sont pas que légendes d'automne!

L'éclat avant l'hiver

Déjà séduits par le manteau doré des autoroutes 40 et 640, nos yeux attentifs se sont définitivement laissés émerveiller par les teintes d'orange brûlé, de rouge vif, de jaune mêlé de brun des érables, par le rosé des graminées comme par le rouge moucheté de jaune et de vert des arbustes se déployant tout au long de notre remontée vers le nord. Sur l'autoroute 15, puis sur la route 117, les feuilles ayant renoncé au vert recouvraient jusqu'aux limites de l'horizon collines et sommets pour les faire briller une dernière fois avant qu'ils ne blanchissent subitement sous le poids de la neige.

La naïveté de 2 aventuriers

Cette fin de semaine à Mont-Tremblay m'a permis d'apercevoir mes plus beaux paysages d'automne. Sur la montagne de la station de ski sise au milieu de la station touristique d'abord. Naïfs, N. et moi avons renoncé au billet aller-retour de la remontée mécanique pour acheter, à l'inverse de tout le monde, un billet descente seulement.

Ça pas l'air si haut, c'te montagne-là! Ah ouais? Nous avons failli laisser notre souffle dans le sentier du Grand prix des couleurs... mais nous l'avons gravie la montagne, affrontant des dénivelés parfois périlleux, combattant le vent et la bouette, confortés dans notre désir d'atteindre le sommet par beaucoup d'orgueil et par ce tableau toujours plus vaste s'étirant sous nos yeux : fresque à la fois sauvage et merveilleuse entremêlant les courbes colorées des montagnes aux méandres des cours d'eau. C'était beau... mais il fallait que ça finisse avant de nous laisser sans énergie, cette montée! Rarement un chocolat chaud -savouré au sommet- m'aura paru aussi réconfortant...

Le Diable et ses panoramas

Splendides panoramas également que ceux offerts par le Parc national du Mont-Tremblant (secteur de La Diable). Pierre, l'un de nos hôtes à l'Auberge Le Lupin où nous avons posé nos sacs à dos pour la fin de semaine, nous avait préparé un parcours plein air idéal pour une journée.

Courte randonnée d'une demie-heure chacune à la Chute du Diable puis aux Chutes Croches. La majesté de l'eau qui s'écoule en cascades imposantes a toujours de quoi impressionner. Puis, 2 heures d'ascension dans le sentier La Roche, à proximité du lac Monroe, pour profiter d'une vue sur la vallée glaciaire dans laquelle s'écoulent celui-ci et celle du Mont-Tremblant. C'est sur le toit de ce sentier que j'ai aperçu ma première neige -quoique bien timide...- de l'année!

Un havre pour les riches

Disons-le tout de suite, Mont-Tremblant se fait d'abord belle pour les plus fortunés de ce monde. Golfs en abondance, plages privées, marinas destinées à cueillir les pas de marins loin d'être sans le sou, boutiques de skis aux vêtements griffés, casino -que je n'ai pas vu-, hôtel Fairmont... et un bien joli village d'inspiration européenne où se bouscule une foule de touristes venus du Québec et surtout d'ailleurs.

Des bâtiments de couleurs vives, des hôtels, des condos enlacent la station de ski qui justifie leur existence. Un peu prisonniers, les visiteurs de passage acceptent de payer un peu plus cher, même pour leur nachos et leur hamburger... Superficiel ce village? Plutôt charmant, je trouve et de bien meilleur goût que bien des sites touristiques. Dans le village de Saint-Jovite situé à 12km du centre de villégiature, on mange mieux et moins cher, nous a rapidement indiqué Pierre.

Couette... et omelettes

Je vous recommande l'Auberge Le Lupin, couette et café où nous nous sommes installés pour la fin de semaine. Hôtes chaleureux complètement dévoués à leur clientèle, vaste salon accueillant hébergeant notamment une imposante collection de disques compacts, mais surtout... de petits déjeuners délicieux, faisant la part belle au sucré -muffins dattes et oranges, poires et chocolat, pouding au pain et aux fruits, pain à la courgette-, au santé -yogourt et salade de fruits- et au salé -omelette au jambon, aux asperges et au cheddar, ou au saumon fumé et au fromage à la crème. Nous nous sommes régalés. Et quand en plus le café est à volonté...

Cette fin de semaine, Jupiter s'est pointée le bout du nez, il a un peu neigé, et le vent a emporté plusieurs des feuilles qui nous avaient charmés à notre arrivée. L'automne des couleurs s'apprête tranquillement à hiberner tandis que des foulards nous recouvrent de nouveau le visage. Dans ces Laurentides qui se prêtent avec générosité au jeu de la métamorphose automnale, j'aurai au moins contemplé ces couleurs à satiété!

Notre séjour en photos

Pour voir en images ce que je viens de vous raconter, voyez le diaporama à droite de ce billet.