jeudi 5 août 2010

Bonnes adresses

Nouvelle série de bonnes adresses tant pour mes amis rimouskois que de Québec, et pour celles et ceux qui visitent les 2 plus belles villes de la province!


Déjeuners du pêcheur, de luxe et à la mer

En juillet, mon père et moi avons relevé le défi de l'Assiette du pêcheur au Bistrot du Nipigon de Sainte-Luce-sur-Mer, charmant village à 20 minutes de Rimouski s'étalant paresseusement au bord du Saint-Laurent. Maisons champêtres, auberges et restaurants, promenade le long de la plage, et la terrasse du Nipigon au coeur de cette vie de bord de mer posant presque ses parasols sur le sable de la plage. Quant au nom de l'établissement, il évoque l'épave du sous-marin HMCS Nipigon, coulé au large de Sainte-Luce pour le bonheur des plongeurs.

À expérimenter par une journée de soleil, cette fameuse assiette, comprenant tout le contenu de l'habituelle assiette brunch, en plus de quelques tranches de savoureux saumon fumé. La totale de l'assiette brunch, qui prépare son homme pour une rude journée de vélo!

Vous passez quelques jours dans la région de Rimouski? Nouveau déjeuner au restaurant, cette fois à celui de la marina, à Rimouski-Est, pour rêver d'aventures et de voyages à une table contemplant avec envie les voiliers amarrés devant elle. J'adore les "bateaux à voile", ça me rappelle toujours la France, et l'expérience de les observer se bonifie au Restaurant-Bar de la Marina d'un déjeuner d'excellente qualité et d'un service extrêmement jovial et courtois.

À Québec, détour par le Clocher penché, dans Saint-Roch, adresse où je ne m'étais pas arrêté depuis 7 bonnes années, le temps d'annoncer une amie que j'avais maintenant un conjoint dans ma vie...! Choix appréciable de déjeuners raffinés, dont un plat avec agneau, servis dans une présentation originale, mais un peu lourds le matin... À recommander pour celles et ceux qui aiment bien manger et qui recherchent l'audace, mais pas aux gourmands qui rêvent de 2 oeufs miroirs bacon.

Décor vintage, portions pas de notre époque

5 à 7 à La Cuisine jeudi soir dernier où je me sens immédiatement à l'aise dans un décor vintage années 70 soigneusement reconstitué! Couleurs d'orange, de vert, de brun, de jaune éclantant, chaises soigneusement désassorties récupérées dans je ne sais quelle boutique d'antiquités ou au Village des valeurs évoquant le sous-sol d'église ou la salle à manger de grand-maman, accessoires tout aussi typiques d'une époque. On y sert des pintes à 4,25$ d'une microbrasserie de Joliette, L'Alchimiste, bière délicieuse, mais pourquoi ne pas privilégier une micro de Québec, dont ma préférée, Archibald. du Lac-Beauport?

Lieu original pour le 5 à 7 mais à éviter pour celles et ceux qui ont de l'appétit: les portions de pâté chinois, de pâtes et de pizza servies nous ont vraiment laissé sur notre faim... Quant à la salade de juliennes de carottes et de navets qui accompagne les plats, elle est plutôt terne dans l'assiette et plutôt acide en fait... Imaginez, j'ai soupé 2 fois ce soir-là, vers 19h30 et vers 22h30! Ça ne m'était pas arrivé depuis les minuscules portions du Japon...

Souvenir de France

J'aime de plus en plus les salades et je rêve de tomber sur un restaurant qui en fait sa spécialité: salades repas avec une variété d'ingrédients misant sur la couleur et la diversité. Quoiqu'il en soit, en attendant, pour une délicieuse et complète salade niçoise, présentez-vous au Café Au temps perdu, classique étudiant et bohême chic de la rue Myrand, pourvu d'une terrasse où il fait bon flâner. La classique salade française y est appétissante... comme le bagel au saumon fumé et bien des plats qui y sont servis!

jeudi 15 juillet 2010

Le son (tellement) estival de The Cat Empire

Il y a 2 semaines, je ne connaissais The Cat Empire que de nom, incapable d'identifier le style musical de ce groupe australien... dont je ne pouvais d'ailleurs pas nommer le pays d'origine!

Surprise: les Chats d'Océanie peuvent compter sur un public de fans déchaînés à Québec, qui ne s'est pas gêné pour manifester sa joie débordante lors d'une des belles soirées du Festival d'été de Québec 2010: spectateurs fébriles sautant, bondissant et tapant généreusement des mains au moindre signal et dès les premières notes, body surfant même, communion parfaite au son ska, reggae, caraïbéen, acid jazz, funk et un brin rock d'un groupe qu'on croirait sorti d'une polyvalente tellement certains des membres ont à peine la barbe au menton!

J'ai beaucoup apprécié
  • la variété des instruments sur scène et le mélange réussi des cuivres avec la basse, le synthétiseur, la batterie, les percussions et les "scratchs" d'un DJ
  • la performance sans faute du chanteur trompettiste à la puissante voix et au registre étendu: il faut du souffle pour se lancer dans les aigus puis "trompetter" juste après!
  • la bonne humeur d'un groupe qui ne s'est pas gêné pour multiplier les interventions en français.
Oui ça, j'aime ça!

La musique de The Cat Empire est faite pour l'été, transportant ce je ne sais quoi de chaleur saline, de sensualité débordante, de noix de coco et de Sangria. À écouter lors d'un party entre amis sur une terrasse, tant pour soutenir les conversations animées que les confidences murmurées...

Pourquoi Arcade Fire m'a laissé de glace

Mardi, je me présentais sur Facebook comme le seul être humain que la prestation de Arcade Fire sur les Plaines d'Abraham lundi soir dernier avait laissé plutôt indifférent. Le show du groupe de rock indépendant montréalais s'annonçait pourtant comme mon "highlight" du Festival d'été de Québec, moi qui apprécie leur musique et qui me voyait déjà bondir sur les fameux "Ouououououou" de Neighborhood # 1 (Tunnels).

J'ai compris ma déception en comparant la prestation à celle du chanteur québécois Yann Perreau vu dimanche au FEQ.

J'aime les shows dans lesquels les artistes revisitent leurs chansons, étirent leurs pièces, les enrichissent de nouveaux arrangements ou d'instruments inédits. Arcade Fire, avec une énergie endiablée qu'il faut souligner, a plutôt réinterprété tels quels les extraits de ses 2 albums, nous offrant quand même de prometteuses nouvelles chanson.

De plus, mes meilleurs souvenirs du Festival -Indochine l'an dernier, Zebda il y a de cela plus de 10 ans, Stefie Shock, les Rita Mitsouko...- mettent en scène des chanteurs ou des groupes extrêmement extravertis, qui communiquent beaucoup avec le public, se déhanchent jusqu'à suer toute l'eau de leurs corps et offrent une personnalité chaleureuse. Win Butler, le chanteur principal d'Arcade Fire, vit plutôt ses émotions "par en-dedans". Peu d'excès, sinon un total investissement dans sa musique.

Devant une foule extrêmement homogène de 18-35 portant t-shirt de grandes marques, espadrilles hip, bermudas aux genoux et cheveux soignés, bobo chic ou grano étudié, comme l'ont si bien noté N et GB, Win Butler, Régine Chassagne et leur bande ont offert un spectacle solide, illuminé par de magnifiques projections vidéo sur grand écran. L'ordre des pièces était soigneusement choisi et le public, enthousiaste... sauf moi!

dimanche 11 juillet 2010

Yann Perreau : bonheur sous le soleil

J'avais prévu me poser peinard sur l'escalier de Place d'Youville vers 18 h, pour écouter sans énergie le "show" de Yann Perreau... Un sourire accroché aux lèvres du début à la fin de son tour de chant, une joie profonde d'habiter une scène éclairée avec naturel par un soleil descendant, de la grande classe et une énergie digne d'une armée de ventilateurs ont eu raison de moi: Yann Perreau m'a fait danser à 30 degrés.

Premier coup de coeur du Festival d'été pour un artiste à la fois gentleman et chef d'orchestre.

Gentleman et chef d'orchestre

Perreau est apparu en complet, débardeur, cravate et chemise blanche sur scène, geste extrêmement courageux par temps de canicule persistante! Il venait de gagner mon admiration... jusqu'à que cette bombe atomique se mette à éclater sur scène et me conquiert sans efforts!

Twists, jeux de bassin, mouvements planants, rock'n'roll, danse latine, l'interprète de Beau comme on s'aime n'arrête pas de danser sur scène... sauf pour se permettre quelques poignées de mains à un des plus beaux publics du festival, une foule de 18-55 ans communiant sans agressivité, mais avec beaucoup de bonheur à un répertoire rock parfois complètement transformé.

Chef d'orchestre car, même en test de son, Perreau semble maître à bord et dirige gentiment mais fermement une équipe de musiciens tout aussi classe et défoncés que lui. Ça donne


  •  les notes de Billy Jean pour rendre hommage à Michael Jackson en début de Grande brune
  • une version "cow-boy" de La vie n'est pas qu'une salope
  • une prestation émouvante de Je marche à toi de Gaston Miron
  • une pièce traduite des Doors et une section de cuivres pour donner du tonus et un air d'été à la troupe de 4 musiciens sur le party. 
Sans compter la beauté des textes des pièces du plus récent album de Perreau, qui se sont laissés savourés par un son impeccable.

Les 2 dernières pièces du spectacle, La machine à danser de la Compagnie Créole, interprétée en duo avec une talentueuse beauté du nom de Mademoiselle Fizz, et Beau comme on s'aime revisitée en compagnie du groupe rap de Québec CEA ont définitivement soulevé un public... heureux, on y revient toujours!

Un show comme on en voudrait tellement: un artiste charismatique passionné par son métier et capable de susciter l'enthousiasme, des chansons revisitées, et beaucoup beaucoup de bonheur.

J'oubliais... Perreau soutenait l'Espagne en finale du Mondial de soccer 2010. Comme son équipe favorite, il s'est donné à fond sur le terrain, ne ratant pas une chance de compter... marquant en fait à beaucoup plus d'une reprise!

Mon festival est bel et bien lancé: rendez-vous lundi soir pour Arcade Fire...

mardi 29 juin 2010

Pourquoi j'aime le foot

Premier match en Coupe du monde "ever" de l'Espagne contre le Portugal, David Villa contre Ronaldo, et j'ai la chance de le suivre devant une télé HD!! Merci à mes parents rimouskois...

De l'intensité durant 90 minutes:
  • des courses folles
  • de la précision dans les jeux de pieds
  • des défenseurs et des attaquants portugais dominant admirablement la partie... puis le réveil de la machine espagnole
  • le 4e but de David Villa sur les 5 comptés au Mondial par l'Espagne
  • des arrêts-clé du gardien portugais Eduardo qui sanglote en fin de match
  • Ronaldo qui perd 3 fois devant un arbitre intraitable refusant de sévir contre ceux qui se frottent au joueur le mieux payé du monde, paraît-il...
Bref, un match enlevant!

Et pourquoi j'aime le foot, me demandais-je?

Pour le recueillement plus que spirituel des joueurs durant l'interprétation de l'hymne national, pour ces Portugais qui en chantent en choeur les paroles, pour la fraternité épaule contre épaule des Paraguayens et des Japonais ce matin, d'abord debout puis à genoux en rang horizontal,  alors que le match 0-0 après 120 minutes se termine à coup de tirs au filet.

Pour ces adversaires qui s'aident à se relever avant de s'offrir l'accolade, pour les échanges de maillot d'après-match, pour le théâtre entourant les simulations de blessure et les engueulades envers l'officiel qui décoche cartons jaune et rouge, pour l'entraîneur aux airs de Jack Nicholson du Chili et pour l'endurance à toute épreuve d'athlètes qui s'époumonent durant presque 90 minutes alors que je tremble après 30 minutes de Stairmaster.

J'aime le foot pour tout ça... et je me désole de ne pouvoir suivre aussi passionnément le reste de ce Mondial et ces quarts de finale Argentine/Allemagne et Brésil/Pays-Bas que je vais rater... Bon, et puis Ronaldo va pouvoir continuer à poser en boxers sur tous les Vanity Fair de ce monde.

lundi 28 juin 2010

Le défi de l'été?

Essayez le plus de nouveaux restos, de cafés et de bars possible dans une capitale où mes pas, mon appétit et mon désir d'une pinte de blonde ou de blanche me conduisent régulièrement vers les mêmes lieux, voilà mon défi de l'été! Délaissons le Bonnet d'âne, son burger Strasbourg moitié frites/moitié salade, son déjeuner Gros bonnet et sa tarte au sucre toute chaude pour nous poser en d'autres lieux. Voici quelques bonnes adresses découvertes récemment.

Du grec authentique!

J'hésitais à pousser la porte de La Taverna, "authentique restaurant grec" installé sur la rue Scott, dans Saint-Jean-Baptiste, à l'intérieur de l'ancien local de La Paillotte. Je craignais la salle à manger mal entretenue, je ne sais trop pourquoi.

Heureuse surprise pour le carnivore que je suis que l'assiette Taverna pour 2, délicieusement garnie de brochettes de filet de porc (souvlaki), de côtelettes d'agneau, de saucisses de porc et de poulet de cornouaille mariné, servis avec de toutes simples mais goûteuses pommes de terre grecques, qui n'ont rien à envier aux patates grasses de chez Gréco! Une assiette bien remplie, mais sans excès.

Révélation : pour atténuer la culpabilité de n'avoir croqué dans aucun légume, la toute fraîche salade Psilokomeni, "coeur de romaine, aneth, menthe et oignons à l'huile d'olive citronnée".

Déjeuner épuré

Avec ses divines bouchées, l'Hôtel Pur, sorte de cube blanc planté au coeur du "nouvo" Saint-Roch sur la rue de La Couronne, m'a fait saliver fin avril. C'est avec de gourmandes attentes que je suis de nouveau entré dans cet hôtel à la décoration épurée -c'est un euphémisme!

Premier constat: Pur accorde à son restaurant une large place à la lumière naturelle et au décor ambiant. Déjeuner au pied de la cathédrale Saint-Roch, à quelques mètres d'une procession religieuse aux participants vieillissants, dans un décor si moderne et si jeune illustrent à mon avis à merveille le mélange social auquel est joyeusement soumis le Saint-Roch imaginé par Jean-Paul L'Allier. C'est ce quartier qui mérite désormais le titre de centre-ville dans une capitale qui s'en cherche toujours un.

Que retenir de ce repas matinal apprécié dans un décor tout asiatique? Présentation originale dans l'assiette, candeur d'un serveur qui nous a fait rire à maintes reprises, accessoires inusités -cubes pour servir le lait dans le café- et lumière réconfortante du décor, même en ce jour de pluie.

Révélation: des smoothies fruités parfumés d'épices: menthe, gingembre, basilic. Un délice!

Apportez votre vin en territoire méditerranéen!

Un "Apportez votre vin" méditerranéen accessible et savoureux -enfin!- coin des Érables et boulevard René-Lévesque à la terrasse un peu bruyante en ce vendredi de semaine, mais à la cuisine qui remplit ses promesses: Aux 2 violons mérite l'arrêt. Crème de légumes et pois chiches, assiette de poulet généreusement garnie de salades orientales et de couscous, gâteau au caramel, un dîner tout sain, auquel il ne manquait qu'une bouteille de vin blanc!

dimanche 27 juin 2010

Déçu du Barbu

Mes souvenirs sont flous, mais il semble me rappeler des Aimants, premier film de Yves Pelletier, comme d'une joyeuse surprise dans le paysage cinématographique québécois. La comédie sentimentale révélait à la fois le talent d'un réalisateur et celui d'un artiste devenu aujourd'hui incontournable, Dumas, interprète de la chanson titre. S'il s'avère tout aussi réussi sur le plan de sa trame sonore, le deuxième opus de Pelletier, Le baiser du barbu, m'a plutôt laissé sur ma faim... Une belle idée de départ, malheureusement mal exploitée.

Un rêve au rancart?

Le baiser... met en scène un couple dans la trentaine qui ne vibre plus au même diapason. Benoît et Vicky ont fait un jour le serment de travailler ensemble, lui interprétant le texte qu'elle composerait pour lui.

Tandis que Benoît s'accroche toujours à ce rêve, et donc à son profond désir de vivre un jour de son talent de comédien, Vicky a renoncé à sa plume pour jeter son dévolu sur un condo et une hypothèque. Lui l'idéaliste, elle la pragmatique, un couple sur le bord de la crise de nerfs, donc, que vient perturber la décision de l'homme de se faire pousser la barbe pour incarner avec davantage d'authenticité un personnage de dandy dans un souper-théâtre. C'est la consécration pour l'acteur, qui peu à peu accentue la tension au sein du couple.

Disons-le d'emblée, Le baiser... compte une distribution 5 étoiles.

  • David Savard, doux idéaliste embrasé par le désir de jouer, convainc dans son rôle d'amoureux romantique prêt au sacrifice. 
  • Isabelle Blais se révèle tout à fait détestable dans celui d'une Vicky anxieuse et malheureuse. 
  • Tous les personnages secondaires sont extrêmement bien joués, avec finesse, sans caricature, à l'exception peut-être du réalisateur hyper branché dont s'est emparé avec un évident plaisir l'humoriste Louis-José Houde. 
Chapeau à Ricardo Trogi, réalisateur à la ville et frère de Benoît dans le film de Pelletier, que son talent de comédien propulsera sans doute encore devant la caméra.

Géniale idée mal exploitée

Le problème réside plutôt dans le scénario. Embrassant au départ un couple en questionnement sur les valeurs qui l'animent, il délaisse au final toute la richesse de ce matériau pour sombrer dans les pires défauts de la comédie sentimentale. J'espérais une rupture, l'histoire d'une renaissance à l'extérieur d'un couple devenu étouffant, on nous présente plutôt le sauvetage d'un tandem fragile sous une forme à laquelle je n'ai pas cru du tout. Le film semble un peu se chercher, lui qui ne fait pas rire tant que ça et qui aurait pu émouvoir davantage.

Il faut dire également que le personnage de Vicky m'a profondément exaspéré. Manipulatrice faible, superficielle tombant dans la facilité, elle n'a suscité chez moi aucune sympathie, me privant par le fait même d'une complète empathie envers son chum qui l'aime passionnément.

Reste quand même ce personnage de Benoît, séduisant tant par sa candeur que par sa fougue, qui nous rappelle que les rêves qu'on range dans un garde-robe n'y dorment jamais profondément...