samedi 8 janvier 2011

Famille, je te hais...

Ne vous inquiétez pas chers parents, ce n'est pas à ma propre famille que je m'adresse dans ce billet! Son titre évoque plutôt la thématique de 3 films "oscarisables" vus durant ce congé des fêtes prolongé: 
Ces 3 favoris dans la course aux Jutras du cinéma américain et qui se distinguent parmi les nominés des récompenses décernées par la presse étrangère hollywoodienne -les Golden Globe Awards- montrent en effet, avec plus ou moins de nuances, l'impact de liens familiaux trop distants ou étouffants sur le destin des personnages principaux.

Les 3 oeuvres s'appuient également sur d'admirables performances d'acteurs, dont notamment celle, époustouflante, de Nathalie Portman dans Le cygne noir, présente dans toutes les séquences d'un film qu'elle porte sans faiblir sur ses frêles épaules.

Dans l'ombre du roi

Le discours du roi est sans doute celui des 3 qui accorde l'importance la plus diffuse au thème de la famille, quoique...

Le roi en question, Albert, hérite par accident de la couronne de son père Georges VI, qui règne sur le Royaume-Uni. "Victime", en tout cas de son point de vue, de la décision de son frère Edward d'abdiquer son titre pour épouser une Américaine 2 fois divorcée, Albert voit son destin basculer.

Incarnant pourtant davantage l'homme d'État que son frangin frivole, "Bertie" s'effraie là où d'autres aurait jubilé, handicapé par un défaut de bégaiement qui nuit à sa prestance de souverain. Albert n'a plus d'autre choix que de corriger ledit défaut, au contact d'un énième spécialiste, un orthophoniste féru de théâtre qui dépasse la simple diction pour s'attaquer aux sources du problème.

Si la relation entre Albert et son spécialiste constitue le cœur du film, l'origine du trouble de bégaiement du prince, enfin mise en mots durant sa "thérapie", est plutôt touchante: confié dès l'enfance par ses parents à une nourrice qui ne l'aimait pas, couvrant plutôt l'ainé Edward de toute son attention, Albert vit difficilement ce manque d'affection et grandit à l'ombre d'un frère dont la lumière suffit à éclairer toute la cour. Ce second n'a jamais pu faire valoir ni le son de sa voix, ni le message qu'elle avait à livrer.


Firth au sommet de son art

La version française du film, la seule projetée à Québec, ne permet sans doute pas d'apprécier l'ampleur de la performance de Colin Firth, au sommet de son art dans ce rôle d'introverti dont la froideur dissimule mal l'angoisse qui l'anime. Cette version n'en révèle pas moins le grand comédien qu'est Firth, qui se glisse dans la peau de ce bègue blessé sans faire dans la caricature. Dans ce film somme toute classique dont l'atout principal, outre la performance du "roi", est le scénario, on croit immédiatement à la relation de confiance et de complicité qui s'engage avec le Dr Lionel Logue comédien laissé pour compte que campe aussi avec aplomb l'Australien Geoffrey Rush.

Le discours du roi ne mérite pas la récompense suprême du meilleur film, mais on voit mal comment Colin Firth pourrait échapper le prix de meilleur acteur le 27 février prochain.

Chercha le noir, tua le blanc

Œuvre à la fois bien écrite et magnifiquement filmée -c'est mon film préféré des 3-, Le cygne noir nous conduit sur des chemins beaucoup plus tordus. Ce long métrage est construit presqu'exclusivement autour du personnage de Nina Sayers, joué par une Nathalie Portman au sommet de sa forme après, paraît-il, une année de cours intensifs de ballet - c'est ce qu'affirmait ce vendredi 7 janvier le chroniqueur de cinéma Marc-André Lussier à l'émission de Christiane Charette.

Nina, étoile montante de la compagnie de ballet au sein de laquelle elle atteint des sommets de perfection technique, souffre du mal inverse de celui du prince Albert. Surprotégée par sa mère, elle-même ex-danseuse, chez qui elle habite toujours, Nina dort aux côtés des toutous et de la boîte à musique de son enfance dans un cocon blanc et rose bonbon. Prise en charge complètement par sa maman, elle compose pourtant mal avec les exigences physiques qu'impose à son corps le métier auquel elle se dévoue sans retenue.

Or, cette perfection physique et technique qu'incarne la danseuse Nina la fragilise dans la course au rôle de reine des cygnes qu'elle tente de décrocher dans Le lac des cygnes, le ballet que s'apprête à monter sa compagnie. L'obstacle: Thomas Leroy, metteur en scène séducteur et manipulateur rendu par un Vincent Cassels qui inquiète réellement dans ce rôle d'artiste ambitieux sacrifiant une à une les danseuses lui permettant de gravir les marches vers la gloire.

Thomas lui offrirait bien le rôle... mais Nina, toute désignée pour "danser" le cygne blanc innocent, candide et pur, peine à incarner le pouvoir de séduction toxique, l'érotisme ensorceleur propres au personnage du cygne noir auquel elle doit aussi faire croire sur scène. Tout le film repose sur le travail insatiable de recherche de cette force "diabolique", dans laquelle Nina doit absolument puiser, au prix de sa santé mentale, menacée qu'elle est par la nouvelle danseuse de la troupe qui, bien que se bourrant d'hamburgers ou arrivant en retard aux répétitions, charme le metteur en scène par sa sensualité exacerbée.

Souffrir pour son art

Succombant inévitablement à l'angoisse que distille le film, je n'en ai pas moins été ébloui par le jeu de Nathalie Portman, comme par le portrait d'un réalisme troublant -qu'a d'ailleurs salué à Christiane Charette l'ex-danseuse étoile des Grands ballets canadiens, Geneviève Guérard- de l'univers de la danse classique:
  • souffrance imposée aux pieds des danseuses par les exigences de pointes et de pas parfaits
  • discipline soutenue tant dans l'entraînement que dans la préparation du corps comme de l'équipement, qui éclipse presque le plaisir de danser
  • rivalités mesquines entre les membres de la troupe pour l'obtention des rôles prestigieux... 
Voir danser Nina est à la fois un ravissement -la musique du Lac des cygnes, solennelle, dramatique et aérienne, est sublime- et un coup au cœur: respiration saccadée, pas quasi inhumains ou complexes... on a tellement mal pour elle!

Au final, on assiste à une représentation aussi inoubliable que riche en rebondissements du ballet maudit, filmée avec une intensité et un soin remarquables. À la fois beau et insupportable...

Rater son entrée dans l'âge adulte

Tenue à distance par sa mère d'une société néfaste pour elle, Nina est-elle victime de son expérimentation trop rapide et trop vive des "maux" dont maman a voulu la préserver?

Car le ballet de Tchaïcovsky, au lieu de la couronner, la propulse plutôt sans ménagement dans l'âge adulte. Cette adolescence explosive ne la laissera sans doute pas intacte.

Famille étouffante

La famille est cette fois le thème central du film Le coup de grâce.

Entraîné à la boxe par son demi-frère Dick, Micky Ward performe à l'ombre de son aîné, la fierté de la petite ville de Lowell. Celui qui a couché sur l'arène le mythique boxeur Sugar Ray se complaît dans l'admiration de toute une ville, elle qui semble fermer les yeux devant sa lente déchéance provoquée par des abus de crack. Soulignons ici la performance éclatante de Christian Bale dans le rôle du boxeur déchu qui, quoiqu'attachant par sa sociabilité et sa détermination, nous fait rager par son insouciance et son incapacité à miser sur sa gloire passée.

Micky, juste mais exaspérant de bonté Mark Walhberg, tolère pourtant les excès de son frère entraîneur à la veille d'un combat déterminant pour sa jeune carrière. Il fait preuve d'autant d'indulgence face à la complaisance de sa mère, sa gérante, qui protège de façon honteuse le délinquant de la famille, jusqu'à compromettre la carrière de son plus jeune.

La rencontre avec sa copine Charlene, ex-athlète au caractère beaucoup plus trempé que le sien, puis un événement tragique convainc Micky de la nécessité de briser les liens familiaux pour se consacrer à sa carrière sous l'égide d'une nouvelle équipe. Mais doit-il, pour enfin briller sans que son frère ne l'éclipse, nécessairement s'exiler et abandonner complètement sa famille? Ou seulement s'affirmer, modifier la teneur des liens fusionnels qui l'unissent à sa tribu? Dans sa nouvelle équipe, ne dépose-t-il pas les armes une nouvelle fois?

Comme Le cygne noir, Le coup de grâce, dans lequel le ballet cède le pas à la boxe, pose la question de la nécessaire et seine affirmation de soi: celle qui permet d'imposer ses choix sans renier qui l'on est et celles et ceux qui, parfois peut-être maladroitement, ont jeté les bases de nos valeurs et façonner notre personnalité.

mardi 28 décembre 2010

Bonnes adresses

Le temps des fêtes est non seulement propice au ski de fond, à la lecture, au cinéma, au visionnement interminable de séries en DVD -c'est sur Musée Eden et Les Tudor que je jette mon dévolu cette année!-, mais aussi à l'exploration de bonnes adresses! En voici quelques-unes...

Un nouveau Victor en basse-ville

Amateurs des burgers sophistiqués de Chez Victor, sachez que le maître es boeuf vient d'ouvrir une nouvelle succursale à proximité de la Gare du Palais. Si celle-ci "n'accotera" jamais ma préférée, celle, chaleureuse et animée, de la rue Saint-Jean, la p'tite dernière possède un atout de taille: ses chaises aux dossiers pastels colorés? Heu... oui, mais surtout sa salle à manger amplement fenestrée offrant une imprenable vue sur la gare du Palais et le quartier alentour.

Attention: cet été, ces fenêtres qui s'ouvriront sur la fontaine conçue par Daudelin, pièce maîtresse du quartier de la gare, seront courues!

Petites douceurs sur Saint-Joseph

Depuis octobre, je parcours abondamment la rue Saint-Joseph, dont les boutiques ultrachics font de plus en plus place à des commerces locaux et abordables. J'écume presque aussi souvent la reine du centre-ville de la capitale que mes amies SI, AG et LG, ce qui n'est pas peu dire...

J'aime
  • l'ambiance créative -et le nouveau 3e étage- de la Brûlerie Saint-Roch, le royaume du portable
  • les smoothies, la crêpe farcie jambon/oeuf/fromage/sirop d'érable, les bénés, les soupers qui s'étirent, les projections multimédia et les sympathiques et affables serveurs du Cercle
  • la qualité du design actuel des vêtements québécois de chez Blank
  • mon chapeau de fausse fourrure et ma chemise lousse de fin de semaine de chez Urban Outfiters, paradis du vintage et du look à la fois doudoune et branchouille
  • la verve du personnel et la cuisine abordable du bistrot français Les Bossus
  • l'Hôtel Pur et sa salle à manger ouverte pour les déjeuners, dans laquelle le regard se perd dans les immenses fenêtres mettant si bien en valeur l'église Saint-Roch
  • les pâtisseries miniatures garnies de pipettes de la pâtisserie Loukoum Cupcake
  • les souliers originaux de La Godasse
  • la succursale basse-villoise de la librairie Pantoute et tous ces commerces qu'il me reste encore à découvrir...
Des verrines sucrées

Un autre secteur en ébullition à Québec? Celui entourant le tout nouvel édifice Jules-Dallaire, de Sainte-Foy, à l'intérieur duquel s'est posé le resto plaisir Paris Grill après son départ de la rue Hochelaga. Bistrot français intéressant, il m'a surtout séduit par ses desserts en verrine. Portion raisonnable, mais toute aussi gourmande des savantes "cochoncetées" souvent obèses. À surveiller en janvier 2011: le spécial tartes flambées pour les budgets des fêtes écorchés.

Seul détail agaçant avec le personnel des restos plaisir: leur attitude de vendeur à la commission. Au Cochon Dingue, comme chez Bryndt, au Lapin Sauté ou du côté du Paris Grill, leur insistance à nous offrir entrée, soupe, digestif, bien qu'enrobée d'humour, est parfois franchement "fatiquante".

Et pour 2011?

De nouvelles adresses à découvrir sur la rue Saint-Jean côté Faubourg:

  • La Brûlerie Saint-Jean, petite soeur de l'ainée de Saint-Roch
  • Le Comptoir, qui marque le retour du smoke meat sur la rue bohême
  • Les sushis du Yuzu qui se pointent en face de l'Intermarché
Je vous souhaite une année 2011 sous le signe du péché... de gourmandise!!

La voix des disparus

Je possède un livre de recettes un peu particulier. Ce livre, jamais publié, est le résultat d'un patient travail de recherche, de saisie et de coordination accompli par mon amie d'enfance MB.

À la suite du décès de sa mère, une cuisinière hors pair et dévouée, MB y a réuni les recettes de cette dernière, les siennes et celles de 2 de ses tantes. Patiemment, elle en a « numérisées » un grand nombre, puis les a imprimées, classées et indexées.

Je me considère privilégié d'avoir reçu une copie de ce livre qui vaut à mes yeux bien plus qu'un recueil de Ricardo ou Di Stasio. Il constitue en quelque sorte une lente antidote à un deuil éprouvant.

Se souvenir d'une voix

Ce samedi 18 décembre, c'est un peu ému que j'ai parcouru ce recueil gourmand au son du dernier disque d'Arcade Fire. Je me souvenais de Françoise, la mère de MB... tout en songeant au premier Noël sans Louis, le père de N. Un Noël finalement rempli de son souvenir, à la fois nostalgique et sous le signe de la solidarité et de la solidité des liens d'une famille que je me prends souvent à admirer.

À la demande de MB, j'ai eu le privilège de rédiger et de lire un hommage à Françoise lors de ses funérailles. Quand j'ai amorcé l'écriture du texte, un premier souvenir s'est imposé de lui-même: sa voix, forte, enthousiaste, qui habitait toute la pièce où elle se trouvait, cette voix dont ont hérité M et F que je côtoie davantage, cette voix aimante et chaleureuse qui portait loin toute l'affectation qu'elle éprouvait pour son conjoint et ses 3 enfants.

J'entends souvent Louis depuis son décès. Cette semaine, je me rappelais ce matin de 25 décembre 2005, dans ma cuisine de la rue Cartier. SB, les enfants et lui avaient dormi chez nous après un mémorable réveillon et tandis que je faisais aller lavette et essuie-vaisselle, il m'accompagnait du refrain de C'est Noël de sa voix juste et puissante.

Car Louis savait chanter. Rarement interprétait-il une chanson du début à la fin, parsemant plutôt les conversations de « Couroucou Paloma » ou de « Rire aux larmes », mais j'ai rapidement compris d'où N tenait ses talents de chanteur et de musicien. Louis avait de l'oreille et du rythme et poussait régulièrement la note au son des 1600 morceaux de sa turlutte, longue partition de sa cavale en Alaska l'été dernier.

« Bonjour, jeune homme! »

J'entends Louis presque chaque fois que nous entrons dans sa résidence de Cap-Rouge.

Je me souviens de ces soupers du dimanche soir alors qu'il venait le premier à notre rencontre. « Suzie, c'est Ti-Nico! », lançait-il à la ronde! Et puis j'entends 
  • ce « Bonjour, jeune homme! », qu'il m'adressait solenellement
  • ses «Suzie, il mange tous nos biscuits!» un peu paniqué quand son Ti-Nico se jetait dans les boîtes de craquelins en attendant le premier service
  • ses « Et puis, comment va l'Assemblée nationale? » ou le Conseil du trésor ou la CSST, selon nos employeurs du moment
  • ses méchantes expressions chaque fois qu'était prononcé le nom d'un certain député de notre noble assemblée...
Et j'entends aussi ses éclats de voix lorsque nous abordions des sujets de conversation plus controversés comme les droits de chasse des autochtones, le développement durable ou la gestion des forêts au Québec.

Je l'entends autant que je le vois. J'entends cette voix assurée comme j'entends encore celle de Françoise caresser son Denis de petits mots d'amour.

Et je me dis, après avoir vécu la mort de si près, dans ses coulisses qu'elle a si tristes, que j'aurais pu être davantage présent pour MB. Lui cuisiner ces plats savoureux que nous ont généreusement concoctés les amis des parents de N dans les jours suivant le départ de Louis. Ou juste écouter, car on a tant besoin de parler pour évoquer le souvenir des disparus, pour qu'il vive encore longtemps... 

Je pense qu'en 2002, la mort avait encore quelque chose d'irréel pour moi, que j'en ressentais mal tout le poids. Aujourd'hui, je perçois davantage le vide irréel qu'elle provoque.

Combattre silence et oubli

Je me souviens de cette mère endeuillée de Rimouski, membre d'un groupe de parents ayant vécu la mort d'un enfant, qui m'avait confié lors d'une entrevue au Progrès Écho que le silence des proches à la suite d'un tel drame pouvait causer davantage de blessures que de soulagement. Et je me souviens aussi de la scène tellement forte de l'avant-dernier épisode de la série télévisée américaine Six Feets Under, ce toast à l'un des personnages disparus tellement émouvant.

Les décès qui nous parlent encore ne feront jamais tinter de joyeuses mélodies. Mais ils sont l'occasion parfois inespérée de réconciliations et souvent de rencontres humaines dans ce qu'elles ont de plus loyales, amicales et complices.

Profitez bien de ce temps des fêtes pour exprimer à vos proches tout l'amour qu'ils vous inspirent, en mots comme en gestes. On ne contrôle hélas! pas ni le moment, ni le lieu de leur ultime départ...

lundi 6 décembre 2010

La consommation du thé

Des plaisirs de la vie qui se laissent déguster sur les rues Saint-Jean la bohême et Saint-Joseph l'urbaine ces temps-ci, le thé est sans doute le plus tendance! La maison de thé Camellia Sinensis, sise notamment sur la Jospeh, anime ce goût du thé qui côtoie chez de plus en plus celui du café. 

Initié au thé autre que Salada par mon beau-frère, ma belle-mère et des amis, N. et moi avions envie de nous payer une théière pour nous y mettre aussi! Petite séance de repérage sur Saint-Jean, pour constater que c'est Camellia qui offre au centre-ville l'éventail le plus complet de théières. Dans un magasin bondé, N. et moi en repérons une pas trop chère et attrapons un vendeur pour qu'il nous l'emballe.

Trop simple.

Le monde du thé est à l'image de celui du vêtement, de la quincaillerie, du vin, de l'huile d'olive... Tellement, tellement de choix, pour tellement, tellement de goûts et tellement, tellement à se procurer pour tellement, tellement apprécier... Les impératifs de la consommation -vous ne pourrez pas l'apprécié à sa juste valeur si vous ne possédez pas ceci ou cela...- ont aussi rattrapé le monde du thé.

Une théière pas chère? C'est bien, mais celle que nous avons choisie convient uniquement aux thés noirs, qui y laisseront au fil des infusions de charmants dépôts. Ceux-ci nuiront aux infusions de thé vert, ou blanc, ou autres. On nous dirige donc vers la théière de fonte, chinoise ou japonaise, pour un maximum de qualité... et à prix plus élevé, évidemment.

 Et puis il y a les gobelets, qu'on ne vend pas avec la théière chez Camellia pour offrir à chacun la possibilité de créer son propre kit exclusif, et ainsi de positionner clairement sa personnalité lors de ses cérémonies du thé! Et puis il y a encore le trivet, sur lequel poser la théière pour éviter les dégoulis de boisson chaude... et l'infuseur, parce qu'on ne fout pas du thé comme ça dans une théière japonaise... et la bouilloire... OK, ça suffit, notre bouilloire de plastique va faire la job!

Toujours est-il que notre initiation au thé s'est révélée plus complexe que prévu... mais le chaud breuvage demeure tout de même bien réconfortant une fois l'équipement entre nos mains!

Envie d'une expérience plus simple? À La maison des 100 thés, sur chemin Sainte-Foy, on se prend beaucoup moins la tête: on vend ensemble théière,  plaque pour la déposer et gobelets pour le déguster. N'empêche qu'il y a un je ne sais quoi chez Camellia, là où un jeune moustachu arborant un chandail des Oilers flirte avec une charmante jeune femme autour d'une tasse de thé. Ce que cette boisson millénaire possède comme propriétés, quand même...

Oh oui: nous avons organisé notre première "cérémonie du thé" hier -une bien grande expression pour dire que nous avons reçu des amis autour d'un thé et de biscottis!-, sans kimono, ni scones, ni costumes de geisha. Malheur à nous!

dimanche 5 décembre 2010

La Dolce Farniente

Intense piqûre du voyage hier soir en visionnant le très beau film Eat Pray Love (Mange prie aime), plus particulièrement son volet Mange! Parfois un peu mielleux, multipliant à certains moments les conseils de vie à la Paulo Coehlo -L'Alchimiste-, EPL est à mon avis bien filmé, exploite à fond une trame musicale bigarrée -de Eddie Vedder à la Flûte enchantée en passant par Bebel Gilberto et Neil Young- et surtout, m'a fait sentir profondément vivant!

Journaliste au tournant de sa vie, qu'elle a, nous semble-t-il, vécu davantage par procuration qu'en toute entièreté, occupée à plaire à un et à l'autre et fuyant dans l'esbrouffe du quotidien sa quête d'elle-même, Liz laisse tout derrière elle pour renouer avec corps et coeur à Rome, en Inde et à Bali. Son périple s'ouvre, comme le titre du film l'indique, sur un volet Mange, alors que le personnage de Julia Roberts s'installe dans la capitale italienne pour s'empiffrer de pâtes, de pizzas, de gelatos et autres douceurs avec des amis qui lui veulent du bien.

Des images magnifiques et authentiques -j'ai bel et bien vu dans la Ville Éternelle ce qu'on nous montre à l'écran- de la terrasse du Château Sainte-Ange, face au Vatican, d'un lever de soleil au-dessus de la Basilique Saint-Pierre-de-Rome, de la splendeur du Colisée, du café San-Eutstachio où paraît-il, on sert le meilleur café de Rome et que nous avons aussi savouré, d'un match de foot suivi en pleine rue à Naples: l'Italie nous interpelle par sa sensualité et son épicurisme! Des scènes de bouffe et de vin en plein air et une reconstitution romaine de la Thanksgiving: la Dolce Farniente, quoi, qui rebrancherait n'importe qui sur son moi -et son foie- profond!

En Inde, le volet "Prie" complexifie l'histoire de Liz, dont on peine à saisir tous les enjeux de la quête, noyés qu'ils sont dans une pénible recherche de Dieu à travers la méditation et les conseils un peu trop écrits d'un condisciple texan que le culte d'une gourou a placé sur sa route. L'Inde chaotique se laisse quand même contempler dans ses marchés d'épices et ses mariages aux saris vifs et colorés, dans ses temples aux offrandes abondantes ou sa pauvreté tellement déstabilisante.

À Bali, place à l'amour avec -pas malchanceuse du tout, la Julia- un Javier Bardem incarnant un Brésilien hypersensible et blessé lui aussi par la vie. On a droit à toutes les grandes vérités sur l'amour, à la peur qu'il faut confronter pour mieux s'engager, mais sous le soleil et la flore de Bali, on se dit qu'on peut bien s'enfiler un cliché ou deux!

Mange, prie, aime, une saine thérapie en cet hiver naissant, à ne pas visionner... le ventre vide!

dimanche 31 octobre 2010

Le temps des enfants

De la visite rare la maison, ce vendredi, pour la nuit et une partie de la journée de samedi: la jolie Daphné traverse le pont de Québec et se pointe le bout du nez chez ses tontons du centre-ville! 

Légers chignements une fois la porte passée, qu'on transforme rapidement en regard fasciné et en sourire timide grâce au djembé de République dominicaine de N: merci aux BBEC pour ce trésor qui fait des malheurs auprès des enfants! Daphné de taper sans nuance à quelques reprises sur le bongo magique: plus de larmes dans ses jolis yeux aux longs cils noirs! Quelques rubans colorés et frisottés d'Au coin du monde achèvent de la conquérir : jamais un 5$ n'aura été si bien investi!

"Tête, épaules, genoux, orteils, genoux, orteils"!

Les parents quittent pour se remplir la panse Chez Victor sans que leur grande fille n'éclate en sanglots, toute à sa découverte des guitares acoustique et électrique, du piano et des multiples possibilités -colliers, bracelets, serpents, pluie de couleurs- qu'offrent les rubans rose, mauve, orange et jaune! La cocotte, après quelques "Est-ce qu'on se met en pyjama, Daphné?" cède subitement, passe en mode contemplatif devant son Baby Nstein tandis que tonton récite machinalement "Tête, épaule, genoux, orteils, genoux, orteils".


Puis voici venue l'heure de gravir les escaliers pour entrer dans le temple du sommeil, la chambre des tontons en l’occurrence, garnie pour l'occasion d'un matelas de sol fleuri couvert de doudous et de livres d'histoire! Tonton, plus que la filleule, ne se lasse pas des jolis livres aux enfants-de-plein-de-races-en-pâte-à-modeler-avec-leurs-instruments-de-musique et Daphné s'endort sitôt le bouquin refermé au son des classiques musicaux de son dodu hippocampe. Un petit cri dans la nuit, un "Tonton est là, Daphné", et la voilà de nouveau aspirée dans les bras caressants de la mystérieuse Morphée.

Elle dort encore??


6h... 6h30...6h45...7h!


Daphné dort encore?? Rendus quasi-anxieux par la liste sans fin de conseils du papa anxieux -pas de thon, pas de beurre d'arachides, appelez-nous si sa température dépasse 37,5-, nous nous demandons si tout va bien dans le petit corps de Daphounette! N. la contemple depuis le lit, je m'installe à ses côtés, nous voilà presque en train de la réveiller pour nous rassurer!


La journée démarre quand même plus tôt qu'à l'habitude en ce samedi matin ensoleillé. Dès le lever de la reine, nous ne nous appartenons plus! Daphné n'en a que faire, que tonton veuille dévorer un pamplemousse après ses 2 bagels, elle a terminé sa toast au creton! Il faut jouer d'astuce pour qu'un des 2 tontons se libèrent pour aller se doucher et s'habiller tandis que l'autre fredonne les "Tête, épaule, genoux, orteils" devant la télé ou construit des châteaux dont les fondations ne franchiront pas le Moyen-Âge, balayées par la tornade Daphné! 


On va dehors!


On n'a qu'à lancer "On va dehors, Daphné?" pour que la machine s'emballe! 


Une fois la cocotte habillée, pas question de commencer à inspecter la maison pour vérifier si on oublie rien! Le gobelet de jus demeurera dans le frigo. Il y a cependant un dieu pour les oncles distraits car tonton a eu le temps de glisser les biscuits au thé dans le sac de couches! Comment font donc tous ces parents monoparentaux, nous demandons-nous sur la route du Parc Jeanne-D'Arc alors qu'à 2, il est parfois difficile de rien échapper?


Sur les Plaines, les tontons ont beau s'extasier: des épouvantails, des citrouilles, des sorcières!, la cocotte demeure blasée. Pas comme avec ses rubans la veille... Seul un chat noir devant l'Hôtel de ville semble l'émouvoir un peu. En fait, elle a bien plus de plaisir à gambader chez Simons et à crier "Ni-co-la" dans les allées du grand magasin! 


Comme un métronome


A-t-elle faim? Pas pour du pâté chinois! "Non", nous répond-t-elle franchement. Une bouchée pour maman, papa, mamie, papie, c'est tout ce que nous lui ferons avaler, que voulez-vous, c'est la réalité des petites familles, nous n'avons plus assez de bouchées pour faire manger les enfants!


12h30: Daphné, réglée comme un métronome, s'écroule sur son matelas pour un "beau dodo". Elle s'endort toute seule, sans se plaindre! Mais au réveil, vers 14h45, c'est plus difficile... La cocotte semble s'ennuyer de ses parents. Tonton la prend, essaie de la faire jouer, mais rien n'y fait. On reste donc immobile sur le fauteuil en contemplant le temps qui passe sur le magnétoscope... 


À l'arrivée des parents, Daphounette retrouve un peu de vie et ne laisse plus ni papa, ni maman lui échapper! Elle aime bien ses tontons... mais avec ses parents de préférence!


Du temps improductif


Que retenir de cette journée?


Que le temps s'écoule vraiment lentement avec un enfant. Le temps est long, pas au sens péjoratif du terme, mais parce qu'il nous voit nous occuper de choses futiles! Visionner un BabyNstein peut être assez aliénant pour un adulte. Tirer des bouts de ruban, jouer 2 minutes du piano, se lever parce que la petite en a assez, revenir 2 minutes ériger une tour, courir la suce, changer la couche... Des tâches lentes, routinières, qui nous donnent l'impression de ne rien accomplir...


Que sont les adultes devenus? Des chercheurs d'accomplissement, façonnés par le productif et la performance. C'est viscéral, il nous faut cocher les tâches accomplies sur une liste, sentir qu'on a été utile. Flâner? On se sent bien trop coupable!


Et voilà qu'une adorable cocotte surgit fans notre vie pour nous rappeler que les journées peuvent aussi être longues et que ça ne fait pas plus de mal! Faire sourire un enfant en faisant une grimace ou chanter J'ai un beau château... le ferais-je chaque jour? Hélas! non, mais il est parfois salvateur d'ajuster sa montre au temps des enfants...

samedi 16 octobre 2010

L'appel du clavier: revue culturelle des dernières semaines

Un journal de voyage inachevé -oui, oui, il faut que je me replonge dans ce carnet Moleskine qui me supplie de le compléter sur ma table de salon-, un blogue négligé... Je fais un bien piètre écrivain en ces semaines de rotation saisonnière ouù la pluie et le froid incitent pourtant au récit. Pourtant...

  • mon premier 5@7 littéraire Québec se livre  jeudi soir dernier, un rassemblement de passionnés du livre de la capitale et d'ailleurs se réunissant sur une base régulière sous l'impulsion des Éditions du Septentrion
  • les échos de la première édition du festival littéraire Québec en toutes lettres qui débute cette fin de semaine
  • l'introduction de la session parlementaire 1957-1958 que j'ai reconstituée à mon arrivée à l'Assemblée nationale en 2000 et qui sera publiée dans quelques mois chez Septentrion à l'intérieur d'un recueil d'histoire parlementaire du Québec (je dois d'ailleurs trouver un titre à cette introduction...)

sonnent comme autant d'appels à la reprise du clavier!

Mon sujet? Une revue culturelle des dernières semaines.

John Lennon sur les hormones

Lancé en décembre 2009 au Royaume-Uni, Nowhere Boy (Il était une fois John, en français) de Sam Taylor-Wood, a enfin fait son apparition hier (15 octobre) sur nos écrans. La bande-annonce enlevante que je visionne depuis des semaines ne trahit pas ses promesses!

Nowhere Boy se révèle en fait une comédie dramatique classique sur un sujet qui l'est moins: la genèse artistique de John Lennon. Le Beatle au destin tragique est incarné par un Aaron Johnston -dont j'ai fait la connaissance en avril  dernier sous les traits du superhéros raté Kick Ass-, survolté, charismatique, complètement habité par son personnage.

Élevé par une tante -en apparence- froide et rigoriste, le jeune John découvre l'identité de sa véritable mère au cours d'une période plutôt bouleversante de son adolescence et s'initie à la musique au contact de cette femme sensuelle, épicurienne et pleine de vie. Séduit par la musique d'Elvis Presley qu'elle lui fait connaître, le jeune John décide de fonder un groupe de rock et poursuit son apprentissage de la guitare grâce à un Paul McCartney un peu féminin. Le véritable Paul n'aurait pas aimé le film, paraît-il: je comprends pourquoi!

Artistiquement stimulé -c'est mon interprétation- par les émotions découlant des réponses qu'il obtient à mesure qu'il reconstitue le casse-tête de ses origines, John se lance dans la musique à corps perdu tout en tentant de composer avec l'abandon dont il a été victime. Aaron Johnston excelle tout simplement à jouer l'artiste au leadership incontestable qui porte son groupe à bout de bras tout en jalousant le talent de ses comparses John et Paul et l'adolescent déchiré par la vérité qu'on lui balance. Il se déhanche et se donne à fin sur scène, intégrant sans retenue l'influence d'Elvis, notamment dans la danse, sur l'adolescent joueur de banjo, puis de guitare.

Devant un John viril à souhait, les autres futures Beatles paraissent plutôt freluquets à cause de leur apparence physique, Paul, Georges et Pete Best s'effacent complètement devant leur leader. Est-ce voulu? Ce casting a quand même de quoi surprendre.

Vous l'aurez deviné, Nowhere Boy est un film de musique -on est transporté par les airs de rock fin années 50 qui ponctue toute la trame du film- et d'acteurs. Kristin Scott Thomas, que j'adore, joue encore juste le personnage de la tante Mimi, qu'elle aurait toutefois pu développer davantage si le scénariste lui en avait laissé la chance. Des scènes émouvantes la mettant en scène perdent de leur intensité en quelques secondes en raison de répliques un peu clichés ou d'une fin abrupte. Quant à Anne-Marie Duff (Julia, la mère de John), elle séduit par son abandon total à la vie et sa sensibilité à fleur de peau. On se questionne sur la teneur de l'amour qu'elle porte pour son fils: filial ou... érotique?

À voir, malgré une réalisation un peu conventionnelle qui n'enlève rien au rythme soutenu du film et à la grande qualité de ses comédiens.

Incendies le brûlot

Je pense que tous ceux qui ont vu Incendies, de Denis Villeneuve, n'en sortent pas indemne. Sélectionné par le Canada pour représenter notre pays dans la course à l'Oscar du meilleur film étranger, le 4e film -et 3e représentant aux Oscars de l'ex-gagnant de la Course Europe-Asie de Radio-Canada- a profondément ému les Québécois. À preuve, les 1,4 millions amassés au box-office québécois à ce jour.

On a tout dit sur le film:

  • qualité de la réalisation et du scénario
    • Villeneuve le scénariste possède autant de talent que Villeneuve le "metteur en images"
  • qualité -extrême- du jeu, notamment de Lubna Azabal, sortie d'on ne sait où, inoubliable dans son personnage de la "femme qui chante"
  • qualité de la photographie du fidèle complice de Villeneuve, André Turpin
  • beauté de la musique. 
J'aimerais cependant souligner la qualité du travail d'adaptation de la pièce de Wadji Mouawad, dont est tirée le film, adaptation signée Villeneuve.

Je ne vous ai malheureusement pas parlé dans ce blogue des 3 chefs-d'oeuvre théâtraux de Mouawad vus le 12 juin dernier au Grand théâtre de Québec. Réunies sous le dénominateur commun du Sang des promesses, la trilogie de Mouawad a tenue en haleine une foule particulièrement jeune durant 12 heures.

  • La poésie de Littoral
    • j'ai failli pleurer lors de la scène finale alors que le corps d'un père souhaitant se faire enterrer dans son pays natal, qu'on devine être le Liban de Mouawad, est lancé à la mer par son fils, soutenu par le poids des bottins téléphoniques comprenant tous les noms des victimes de la guerre: ce père qui était gardien de troupeau devient gardien de la mémoire, celle des femmes et des hommes assassinés par la guerre: j'en éprouve encore des frissons juste à l'écrire...
  • L'histoire passionnante de Forêts, qui revisite toutes les tragédies et guerres de l'Occident depuis la 2e moitié du 19e siècle -guerre franco-prussienne de 1870, guerres mondiales, Polytechnique-, à travers une lignée de femmes frappées par leurs propres tragédies
  • Et la claque au visage qu'est Incendies, un appel à la fin de la violence par des hommes ou des femmes qui sauront résister aux sirènes de la vengeance.
On s'en doute, cette pièce, inspirée de la guerre civile libanaise et des massacres de réfugiés palestiniens au début des années 80, conserve son caractère actuel dans un contexte où nul ne semble prêt à faire de compromis pour mettre un terme au conflit israëlo-palestinien. Celui-ci empoisonne la vie de milliers de Palestiniens confinés dans un minuscule bout de terre tout en suscitant anxiété et crainte chez des Israéliens mieux nantis, mais victimes de gestes de désespérance.

Villeneuve, donc, a conservé la "substantifique moelle" d'Incendies, l'appel à la non-violence et au souvenir lancé par Mouawad, la "bonne histoire" aussi de la pièce -car Mouawad est un conteur remarquable, parfois un peu trop littéraire et verbeux, mais un génie de l'histoire. Il l'épure de certains éléments ou de situations qui auraient mal passé au cinéma. 

Le personne du notaire Lebel, qui détend la salle par ses lapsus incohérents dans la pièce, est devenu beaucoup plus sérieux au cinéma sous les traits de Rémi Girard. Avoir conservé les traits d'humour du personnage créé par Mouawad aurait créé des ruptures de ton plus évidentes au cinéma : assiste-t-on à un drame ou à une comédie noire? Au théâtre, ces détentes étaient justifiées.

Il faut voir Incendies, donc, mais aussi lire la pièce de Mouawad. C'est pour assister à sa prochaine création que je me suis abonné au Théâtre du Trident cette année, malgré mes réserves de l'année 2008-2009.

Un Dom Juan sans charisme

Ces réserves ont d'ailleurs été confirmées lors de la première pièce de la saison de la compagnie québécoise, qui célèbre ses 40 ans cette année. Dom Juan, de Molière, m'a beaucoup ennuyé. La faute de la pièce, beaucoup moins "punchée" que le Malade imaginaire, par exemple, à son metteur en scène, dont on ne comprend pas la démarche -à quoi servent ces personnages de la vie de Dom Juan qu'on voit constamment défiler sur scène comme des fantômes en transportant des chaises??- et au comédien pourtant excellent habituellement Hugues Frenette, qui doit livrer des pages et des pages de texte et qui offre un rendu un peu machinal.

Je l'avoue, je me suis endormi. 

J'espère garder les yeux ouverts lors de La face cachée de la lune, de Robert Lepage avec Yves Jacques, que je voulais revoir une 2e fois, d'une création mystère de Wadji Mouawad, et de l'Opéra de Quat'Sous mis en scène par Martin Genest, l'extraordinaire créateur et spécialiste des marionnettes.