jeudi 15 octobre 2009

Réponse aux lecteurs


Merci Johanne de ton commentaire! J'espère être aussi prolifique chaque semaine...!

lundi 12 octobre 2009

Coup de coeur pour les pays d'en haut

Trop courte escapade cette fin de semaine à Mont-Tremblant, dans les Laurentides, pour découvrir une région du Québec que je n'avais jamais eu le bonheur de visiter. Vous savez quoi? Dans ce savant tricot de lacs, de rivières et de montagnes qu'est la terre d'accueil du curé Labelle, les couleurs ne sont pas que légendes d'automne!

L'éclat avant l'hiver

Déjà séduits par le manteau doré des autoroutes 40 et 640, nos yeux attentifs se sont définitivement laissés émerveiller par les teintes d'orange brûlé, de rouge vif, de jaune mêlé de brun des érables, par le rosé des graminées comme par le rouge moucheté de jaune et de vert des arbustes se déployant tout au long de notre remontée vers le nord. Sur l'autoroute 15, puis sur la route 117, les feuilles ayant renoncé au vert recouvraient jusqu'aux limites de l'horizon collines et sommets pour les faire briller une dernière fois avant qu'ils ne blanchissent subitement sous le poids de la neige.

La naïveté de 2 aventuriers

Cette fin de semaine à Mont-Tremblay m'a permis d'apercevoir mes plus beaux paysages d'automne. Sur la montagne de la station de ski sise au milieu de la station touristique d'abord. Naïfs, N. et moi avons renoncé au billet aller-retour de la remontée mécanique pour acheter, à l'inverse de tout le monde, un billet descente seulement.

Ça pas l'air si haut, c'te montagne-là! Ah ouais? Nous avons failli laisser notre souffle dans le sentier du Grand prix des couleurs... mais nous l'avons gravie la montagne, affrontant des dénivelés parfois périlleux, combattant le vent et la bouette, confortés dans notre désir d'atteindre le sommet par beaucoup d'orgueil et par ce tableau toujours plus vaste s'étirant sous nos yeux : fresque à la fois sauvage et merveilleuse entremêlant les courbes colorées des montagnes aux méandres des cours d'eau. C'était beau... mais il fallait que ça finisse avant de nous laisser sans énergie, cette montée! Rarement un chocolat chaud -savouré au sommet- m'aura paru aussi réconfortant...

Le Diable et ses panoramas

Splendides panoramas également que ceux offerts par le Parc national du Mont-Tremblant (secteur de La Diable). Pierre, l'un de nos hôtes à l'Auberge Le Lupin où nous avons posé nos sacs à dos pour la fin de semaine, nous avait préparé un parcours plein air idéal pour une journée.

Courte randonnée d'une demie-heure chacune à la Chute du Diable puis aux Chutes Croches. La majesté de l'eau qui s'écoule en cascades imposantes a toujours de quoi impressionner. Puis, 2 heures d'ascension dans le sentier La Roche, à proximité du lac Monroe, pour profiter d'une vue sur la vallée glaciaire dans laquelle s'écoulent celui-ci et celle du Mont-Tremblant. C'est sur le toit de ce sentier que j'ai aperçu ma première neige -quoique bien timide...- de l'année!

Un havre pour les riches

Disons-le tout de suite, Mont-Tremblant se fait d'abord belle pour les plus fortunés de ce monde. Golfs en abondance, plages privées, marinas destinées à cueillir les pas de marins loin d'être sans le sou, boutiques de skis aux vêtements griffés, casino -que je n'ai pas vu-, hôtel Fairmont... et un bien joli village d'inspiration européenne où se bouscule une foule de touristes venus du Québec et surtout d'ailleurs.

Des bâtiments de couleurs vives, des hôtels, des condos enlacent la station de ski qui justifie leur existence. Un peu prisonniers, les visiteurs de passage acceptent de payer un peu plus cher, même pour leur nachos et leur hamburger... Superficiel ce village? Plutôt charmant, je trouve et de bien meilleur goût que bien des sites touristiques. Dans le village de Saint-Jovite situé à 12km du centre de villégiature, on mange mieux et moins cher, nous a rapidement indiqué Pierre.

Couette... et omelettes

Je vous recommande l'Auberge Le Lupin, couette et café où nous nous sommes installés pour la fin de semaine. Hôtes chaleureux complètement dévoués à leur clientèle, vaste salon accueillant hébergeant notamment une imposante collection de disques compacts, mais surtout... de petits déjeuners délicieux, faisant la part belle au sucré -muffins dattes et oranges, poires et chocolat, pouding au pain et aux fruits, pain à la courgette-, au santé -yogourt et salade de fruits- et au salé -omelette au jambon, aux asperges et au cheddar, ou au saumon fumé et au fromage à la crème. Nous nous sommes régalés. Et quand en plus le café est à volonté...

Cette fin de semaine, Jupiter s'est pointée le bout du nez, il a un peu neigé, et le vent a emporté plusieurs des feuilles qui nous avaient charmés à notre arrivée. L'automne des couleurs s'apprête tranquillement à hiberner tandis que des foulards nous recouvrent de nouveau le visage. Dans ces Laurentides qui se prêtent avec générosité au jeu de la métamorphose automnale, j'aurai au moins contemplé ces couleurs à satiété!

Notre séjour en photos

Pour voir en images ce que je viens de vous raconter, voyez le diaporama à droite de ce billet.

dimanche 4 octobre 2009

Coin Sainte-Catherine / Champlain...


Le cinéma Cartier était anormalement rempli jeudi soir dernier -d'un public varié, en plus- pour assister à la projection du documentaire Hommes à louer du cinéaste Rodrigue Jean. Thème abordé : la prostitution masculine. Le décor : les rues de l'Est de Montréal.

Le réalisateur de Full Blast a construit sa plus récente œuvre autour d'entrevues réalisées pendant un an avec 12 jeunes hommes prostitués, dont plusieurs à peine majeurs. Au fil des mois, il a gagné leur confiance. Les acteurs du documentaire se sont confiés sans pudeur à sa caméra installée dans les locaux du Projet Séro Zéro. Pas de flaflas, d'effets spéciaux ou de montage dans ce film à la trame chronologique et constitué uniquement d'extraits de témoignages francs, parfois dérangeants, souvent pathétiques.

Les révélations qui choquent

Les propos des participants au documentaire mettent bien sûr en lumière l'absurdité de situations qu'on soupçonnait ou connaissait déjà:

  • l'inutilité de l'intervention des policiers qui jouent les clients pour jeter en tôle pendant 3 jours de jeunes prostitués . Ceux-ci récidivent sitôt revenus dans la rue. Résultat: perte de temps, d'argent, détournement du rôle de la police. Les mots me manquent pour qualifier ce "travail de nettoyage" qui devrait plutôt diriger les prostitués vers des ressources capables de les appuyer
  • le "faux désir de moralité" de certains clients hauts placés -députés, juges, avocats- qui dénoncent la prostitution depuis leur tribune, imposant des peines ou jugeant les victimes, tout en profitant du système
  • la difficulté de délaisser un métier qui paie bien et vite: pourquoi travailler au salaire minimum quand on gagne en une semaine ce qu'on gagnerait en un mois?
Les confidences d'un prostitué plus âgé rencontré chez lui sont particulièrement troublantes. Star de cinéma porno en Californie à l'âge de 16 ans, il croupit aujourd'hui dans un appartement minable, dépensant son chèque de bien-être social le soir où il le reçoit parce qu'incapable de résister à la drogue ou payant des tournées pour se faire aimer, réduit aujourd'hui à participer à des tournages humiliants dans lesquels il se fait sodomiser par une femme.

Ce qui rassure? Les prostitués interrogés accordent une attention particulière à leur santé et ont des relations sexuelles protégées.

La for
ce et la faiblesse de la parole

À partir de sa riche matière première, Rodrigue Jean aurait pu imaginer une histoire, créer des situations, enrichir le propos de témoignages d'experts, de clients, de policiers, d'intervenants sociaux. Il a plutôt accordé toute la place à la parole de jeunes qui louent leur corps à répétition jusqu'à s'user et à vieillir prématurément. C'est à la fois la force et la faiblesse de son film.

La force car l'approche du réalisateur ouvre grand les fenêtres sur la détresse de jeunes qui en sont à peu près tous venus à la prostitution pour "faire de l'argent rapide" et payer leur consommation de drogue. Au fil des mois, certains tentent de se libérer de l'emprise du crack, de la coke, du pot, ils y parviennent, puis sombrent à nouveau.

Un des jeunes interviewés refuse de déposer son argent dans une des ressources communautaires offrant ce service. Il a peur, une fois en manque, de revenir le chercher et s'en prendre physiquement à toute personne qui l'empêcherait de le récupérer.

L'emprise de la drogue

La drogue constitue le personnage principal du documentaire : elle teinte les confidences, provoque les tics nerveux, rend fébriles chacun des personnages.

D'abord utilisée pour masquer une souffrance, -abandon, manque d'amour, abus, violence- la drogue en vient à effacer ce dégoût d'eux-mêmes que ressentent les jeunes à l'égard du métier qu'ils pratiquent. Certains racontent avec franchise ce qu'ils ont accomplis pour 15$ ou 20$ : si peu d'entre eux y trouvent quelques traces d'amour, d'autres refusent l'attachement, plusieurs empochent le plus rapidement possible pour passer rapidement à une autre pipe.

Un sujet noyé?

Par contre, l'enfilade de témoignages qui s'étire sur près de 2 heures 20 noie un peu le sujet et en dilue tout le potentiel émotif. Non pas qu'il y ait tant de redondance dans les propos des prostitués interviewés, mais plutôt un manque de variété dans la façon de leur donner la parole, de mettre en scène leur propos.

L'objectif de Rodrigue Jean n'était pas de réaliser un documentaire étoffé sur la prostitution masculine, mais plutôt de donner la parole à de jeunes prostitués : en ça, il y réussit parfaitement. Il aurait cependant gagné à ramasser davantage leurs confidences. Il faut savoir toutefois que Jean s'est battu avec ses producteurs pour ne pas couper dans la durée du film. Conçu à partir de centaines d'heures d'enregistrement, le documentaire s'étendait sur 8 heures à la suite d'un premier montage!

Peu de lumière

Que retenir du film? Peu de lumière, quoiqu'au moins un des jeunes prostitués quitte la rue à la toute fin du film. D'autres veulent en sortir, mais échouent à se délivrer de la poigne de fer de la drogue, qui les entraîne de nouveau dans un cycle d'humiliations et de violence.

Même devenu père, un des "personnages" principaux du documentaire peine à renoncer au crack: on songe alors à ce que deviendra cet enfant, coincé entre une mère elle aussi prostituée et ce père ravagé par le crack, et on souhaite que la détresse des parents ne prenne pas la forme d'une nouvelle offrande aux pièges de la rue...

Pour en savoir plus sur le film et la démarche du réalisateur, voir la fiche du film sur Mon Cinéma et lire l'article d'Annabelle Nicoud "Hommes à louer: Rodrigue Jean, dans les villes"

mardi 9 juin 2009

Labyrinthe, symphonie et beauté


Désolé de n'avoir pu poursuivre l'alimentation de mon blogue de voyage dans la semaine qui a suivi mon premier billet... J'avoue avoir accordé la priorité à mon inséparable journal -mon dieu que t'écris!, s'est exclamé N. à quelques reprises en me voyant coucher sur papier le récit de nos journées pendant parfois plus d'une heure... et même deux!

Écrire un journal, c'est une façon pour moi de revivre ces journées souvent mémorables d'exploration et de découvertes, mais aussi de laisser des traces, de savoir qu'un jour en ouvrant ce cahier je pourrai revivre en partie ce voyage, ressentir à nouveau quelques-uns des sentiments qui m'ont habité en parcourant le pays. Écrire un journal, c'est s'approprier un voyage, comme quand on prend des photos, c'est se prouver que nous avons bel et bien vécu ce qui nous semble déjà être une bulle un peu magique dans un espace-temps qui recommence déjà à s'accélérer...

Séville en images

Comment vous décrire Séville, lieu de notre 3e véritable étape du voyage... Cette ville d'Andalousie est à la fois un labyrinthe, une explosion de couleurs -elle aussi!- et une symphonie!

Labyrinthe pour ce dédale de ruelles des quartiers Santa Cruz, El Arenal et El Centro que nous avons parcourus pendant 3 jours, carte à la main, N. finissant par s'y repérer, moi m'exclamant continuellement "ça mène ici, ça?". Ruelles charmantes, étroites, bordées d'édifices tendant leurs façades safran, jaune vif, blanches, rouge brique, rose et jaune pastel au regard admiratif, toutes en courbes sous le claquement de nos sandales sur le pavé, seul bruit parfois entendu quand nous les empruntions.

Nous évitons tantôt un vélo, tantôt un intrépide scooter ou une moto, nous laissons happer par les vitrines chics qu'elles affichent au centre-ville, admirons la finesse de l'architecture des bâtiments qui les habitent, puis nous émerveillons lorsque ces ruisseaux tranquilles se déversent sur l'une des nombreuses places publiques pleines de vie de Séville, rivières gonflées de courant sur lesquelles nous nous sommes régulièrement installés pour savourer notre cafe con leche!

Combien de fois avons-nous marché ces trois quartiers, entre une dégustation de tapas et une visite de la cathédrale et de son ancien minaret devenu clocher offrant une vue imprenable sur la ville, entre une de nos 3 paellas et de nos 4 gaspachos -que voulez-vous, ça prend du recul pour apprécier les spécialités locales!- et la visite de l'enceinte majestueuse accueillant les corridas du dimanche, en cherchant un supermarché à 23 h ou en exécutant une excursion à pied proposée par le Lonely Planet, nous convaincant, donc, que nous étions passés par toutes les ruelles, mais pénétrant soudain dans une nouvelle et nous émerveillant de la trouver si belle!

Explosion de couleurs

Explosion de couleurs donc pour ces édifices aux façades soignées enjolivant la ville dans ces coquettes ruelles, mais aussi pour la végétation luxuriante que nous avons pu contempler dès notre arrivée. Palmiers tout en hauteur frôlant le ciel, arbres et arbustes couverts de fleurs fuschias, mauves, oranges, rouges et jaunes épandant leur parfum au gré du vent, ces fleurs et ces plantes qu'on admire en mangeant sur la terrasse d'une bonne adresse conseillée par le Lonely Planet -toujours lui, le 3e coéquipier du voyage!-, car à Séville, la vie se passe dehors, ou qui apaise dans le parc Maria Luisa alors que cette végétation touffue prend place autour d'un pavillon niché au-dessus d'un étang, d'une fontaine ou d'une allée de sable propice au jogging. S'il y a une chose que les Espagnols n'aménagent pas à moitié, ce sont bien les parcs, toujours riches en surprises et en exclamations contemplatives.

Explosion de couleurs aussi au coeur de l'Alcazar, forteresse construite à l'époque de la domination mulsumane puis agrandie par les souverains catholiques ayant décidé de s'y installer, lieu de défense et de réception recèlant de multiples teintes multicolores savamment intégrées à l'architecture et qui ont fait de cet endroit l'un de mes coups de coeur du voyage. Couleurs dans ces tuiles de céramique patiemment agencées sur les murs de plâtre ou de pierres pour composer des motifs décoratifs, dans des pièces d'apparat, intimes ou sur les patios propices à la détente, dans ces jardins interminables dans lesquels, comme à plusieurs endroits tout au long de ce voyage, nous nous sommes exclamés : c'est donc bien beau!

Comme à la Plaza de Espana, d'ailleurs, visitée tout de suite après, dont les pavillons construits autour de 1929 sont couverts des pieds à la tête de ces tuiles de céramique illustrant notamment l'histoire de l'Andalousie et ces différentes régions. Des ponts en arche, une fontaine s'élevant joyeusement au milieu de la place, des calèches circulant tout autour de la place, je me suis cru un instant à l'entrée du château de Versailles en France!

Séville est une symphonie, enfin, pour ces pépiements d'oiseau et roucoulements de pigeons entendus non seulement chaque matin, mais aussi toute la journée. Rarement, il me semble, les chants d'oiseau auront été aussi présents dans un voyage. Peut-être est-ce parce qu'ils sont trop nombreux justement qu'on tire chaque soir des coups de canon au-dessus du centre-ville pour les effrayer!

Que retenir de ce voyage?

Il me semble que N. et moi avons prononcé le mot "beauté" à chaque carrefour! "C'est trop de beauté pour 2 p'tits Québécois comme nous!", s'est exclamé N. à la blague.

Quel bonheur immense non seulement de découvrir tout court, de voir et d'entendre du neuf, mais de voir aussi constamment du beau, malgré les grafitis qui sont un sport national en Espagne! Malgré aussi une escale un peu décevante, celle de Torremolinos sur la Costa del Sol. La Méditerranée y est d'un turquoise pur, mais il a fait un peu froid et nuageux pour que nous en profitions la journée prévue pour la détente sur le sable de la plage. Nous avons surtout été déçus par la superficialité de la promenade longeant cette plage, ses restaurants sans âme, éclairés au néon -j'exagère à peine- et ultra-touristiques, prenant place entre une série de boutiques de bébelles. Un imitateur d'Elvis, de la musique sirupeuse... mais qui n'ont pas effacé la beauté de la mer illuminée par un clair de lune!

De la beauté jusqu'à la fin

Et ce voyage s'est également terminé dans la beauté, celle, éclatante, de l'Alhambra de Grenade, forteresse léguée elle aussi par les Musulmans qui ont laissé une empreinte tangible sur la ville. Forteresse toute rouge dont le palais constitue une oeuvre d'art de minutie dans le travail des murs qui le constituent, ornés d'inscriptions arabes, d'écussons chrétiens, d'une multitude d'autres motifs se déployant jusqu'à des toits surélevés s'élevant quant à eux jusqu'au bout du regard comme des cascades de stalactiques ou de stalagmites -lesquelles descendent du haut vers le bas, donc? On y admire également ses jardins parfumés de roses jaunes, rouges, blanches ou roses, baignés par la douce mélodie de ces petites fontaines circulaires qu'aimaient tant les émirs musulmans et surtout, les vues imprenables sur les montagnes alentours dont la fascinante Sierra Nevada et ses neiges éternelles. On se sent un peu sur le toit du monde, jetant inlassablement les yeux tout autour de nous pour capter chacune des images que ces points de vue nous offrent.

Beauté, donc, et couleurs, pour un voyage qui m'a fait un bien immense et dont, j'espère, j'en porterai l'élan alors que je reprends -avec un peu de nervosité- le travail demain. Merci à mon compagnon de voyage toujours aussi patient, rationnel et pour qui les cartes et plans en tout genre n'ont pas de secret, merci au Lonely Planet de nous avoir recommandé de si bonnes adresses -des cafés aux restaurants en passant par nos hébergements, tout était parfait dans ce voyage- et merci à vous de m'avoir lu!

samedi 30 mai 2009

Orgie de couleurs


"Barcelone, j´irai un jour pisser sur toi", chante Pierre Lapointe sur Les sentiments humains. "Barcelone, je t´aime trop pour ça!", aurais-je plutôt envie de lui répliquer. Pourquoi? Pour cette orgie de couleurs dans laquelle tu nous a plongés dès notre arrivée, thérapie de lumière qui nous a subjugués malgré le poids du décallage horaire.

À peine étais-je installé sur ce banc de la Ronda del la Universitat, ce samedi 23 mai a 9h, que déjà la capitale catalane se taillait une place de choix dans mon coeur pour cette fete des couleurs :

  • Les verts vifs des palmiers et de tous ces arbres qui recouvrent la cite -pas une rue sans arbres, ici- et des plantes qui se deploient sur les balcons de fer forge
  • Les rose saumon, orange pale, beige et jaune vanille des edifices qui surplombent ces petites ruelles dans lesquelles s´infiltre à peine le soleil ou sur ces grands boulevards aux places publiques debordantes de vie
  • Les mauves, les roses, les rouges, les vert pomme, les bleu royal, les turquoise des t-shirt, des robes, des chemises que porte une faune espagnole decontractee et lezardant sous les rayons du soleil, une cervesa ou une coupe de vin a la main
  • Toutes ces couleurs des etals du marche de San Joseph de la Bocqueria -merci aux BBEC de nous avoir recommande ce marche de l´abondance- , les teintes vives des fruits, des legumes, des bonbons, des jujubes, des chocolats, les poissons, les pieuvres, les anguilles, les langoustines, la viande suspendue, les saucissons, les charcuteries, les fromages, une orgie d´odeurs aussi: nous deviendrons des habitues de ce marche, de ces smoothies et de ces assiettes de fruits exotiques!
  • Les mosaiques et ceramiques colorees des edifices a l architecture audacieuse et brillante
  • Et les etalages de fleurs, les cages d´oiseaux et les artistes costumes de l´avenue animee de La Rambla, encore et toujours de la couleur!
Nous avons passe 4 jours et demi a parcourir Barcelone, decouvrant ces quartiers:
  • de la colline de Montjuic aux plages de la Barcelonita
  • du Berri Gothic, sa cathedrale et son Palais de la Musique de Catalogne aux oeuvres des architectes modernistes de la fin du 19e siecle et du debut du 20e siecle, Gaudi en tete
  • des tours vertigineuses de la Sagrada Familia au quartier branche du El Born -merci EDN pour ton article de Elle Quebec qui nous a conduist vers ce "Soho Barcelonais"'-
  • du stade olympique aux points de vue feeriques sur la ville entre 2 varietes de fleurs inconnues du Jardin Botanique
  • du Park Guell, habite tout entier par les oeuvres de Gaudi, encore lui, a Port Vell, le vieux-port
Des heures a marcher et a nous dire qu´il y a definitivement trop de beaute, ici, a nous forcer a arreter en nous disant qu´on reprendra l éxploration le lendemain, á terminer ces journees de decouverte par un souper et une bouteille de vin... mais jamais avant 21h, heure du coucher de soleil!

Une question encore: pourquoi n´est-ce pas au coeur de cette cite catalane que notre bon maire de Québec, Régis 1er, est venu puiser son inspiration pour une intégration réussie de l´architecture au decor urbain? Car on ne peut evoquer Barcelone sans citer les merveilles de son architecture, tant medievale que moderniste ou contemporaine, s´exalter du charme de chacun de ses quartiers, de la coquetterie de ses places, dans une ville ou meme les banques logent dans de veritables chefs-d´oeuvre de briques ou de pierres!

Farniente a Madrid

De Barcelone du 23 au 27 mai, nous errons desormais dans Madrid, capitale espagnole febrile qui se laisse admirer elle aussi sans trop de difficultes!

Ici, nos vacances ont change d´allure, alors que nous avons eu la surprise d´amenager dans un petit bijou d´appartement au decor moderne, a proximite de la Gran Via et d´un tas de restaurants gourmands. Lever tard, petit dejeuner a la maison, une brassee de fonce, de la musique espagnole pour accompagner notre cafe, et nous voila repartis en quete d´exotisme et encore... de beaute!

Toiles classiques du Musee du Prado, splendeur des salons du Palais Royal, surrealisme parfois un peu choquant des oeuvres de Picasso, Miro et Dali au Centre d´art de la Reine Sophie, vitraux traditionnels et typiquement de notre temps dans la toute recente cathedrale, cafe solo ou con lecce sur la Plaza Mayor...

Un trip bouffe

Et en Catalogne comme en Castille, nous ne negligeons pas notre estomac! Tranquilles dans la journee -sandwich au jambon, salade, bikini (sorte de grilled cheese local), tapas aux portions raisonnables-, nous avons entrepris un veritable periple culinaire chaque soir que ces vacances amenent!

Si le periple a un peu mal commence -tapas gras et trop frits ou pizza et soupe aux fruits de mer sans gout dans un resto touristique de La Rambla-, il s´est revele riches en decouvertes gastronomiques de toutes sortes depuis lundi soir! Chez Origens, Baazar, A Dos Velas ou à La Musa, place au boeuf argentin nappe de sauce au fromage bleu ou au pesto-ail, aux tapas de style pomme verte farcie de viande, sushis appretes a la sauce locale ou cuisses de canard, a une degustation de fromage, de charcuteries et meme de boeuf bourgignon et a toute une declinaison de fondants au chocolat baignant dans des sauces tout aussi chocolatees. Je ne veux plus partir d´ici et recommencer a manger du macaroni!!!

Ils nous ont finalement eus...

Je m´en mefiais depuis le debut du voyage, les redoutant un peu, les apercevant dans cet homme solitaire un peu louche ou ce jeune voyou, attachant solidement mon sac a dos sur la taille ou tatant regulierement mes poches... Ils nous ont finalement bien bernes... ces 2 voleurs qui ont profite de notre seance de creme solaire sur la Plaça de Catalunya!

Beaucoup d´adrenaline mais plus de peur que de mal... Les voleurs ont mis la main sur nos passes de train -le plus gros butin-, sur des vetements, les lunettes et le Ipod de N, mais le sac North Face achete au Vietnam ne contenait ni argent, ni cartes, ni passeport, et nous avions des copies de nos billets d´avion. Juste une petite deception de perdre certains objets, dont notre guide Lonely Planet... dont nous avons finalement trouve une version plus recente!- et la frustration de s´etre fait avoir par ce voleur qui a reclamait du feu tandis que son complice invisible volait le sac a mes pieds. Grrrrr...

A part cet episode, tout se passe pour le mieux: beaucoup de soleil et beaucoup de bonheur! Seuls bemols? Ca manque de toilettes publiques et d´abreuvoirs ici, mais quand on planifie bien ses excursions...!

mercredi 6 mai 2009

À la rencontre d'Amadeus




Brève mais agréable virée montréalaise, en fin de semaine dernière, pour assister, à la suggestion de N. le mélomane, à une représentation de la pièce Amadeus, de Peter Shaffer, à l'affiche du Théâtre Jean-Duceppe. Cette pièce est à l'origine du film du même nom, une œuvre de Milos Forman lauréate de 8 oscars en 1984... qui débutait par la symphonie no25 de Mozart que vous entendrez en cliquant sur la vidéo précédant ce billet.

Outre l'occasion de vivre une première expérience au théâtre dans la métropole -quoique la salle Octave-Crémazie du Théâtre du Trident de Québec n'ait rien à envier à la résidence de la Compagnie Jean-Duceppe-, j'étais curieux de découvrir comment le texte ayant inspiré l'exubérant film de Milos Forman pouvait vivre dans le cadre beaucoup plus dépouillé d'une scène. René-Richard Cyr signait la traduction en français et la mise en scène de la pièce, qu'il a, dit-il, épuré de certains personnages, tandis que les comédiens Benoît McGinnis et Michel Dumont défendaient les 2 rôles principaux.

Une relation amour-haine

Amadeus raconte la relation amour-haine qui se noue entre le jeune compositeur Mozart, musicien tout aussi surdoué que frivole aux idées révolutionnaires, et le compositeur Antonio Salieri, conservateur épris de morale ayant sacrifié sa vertu à Dieu pour que le Créateur fasse de lui un compositeur reconnu et acclamé. L'arrivée de Mozart à la cour de Vienne en 1781 bouleverse les plans de Salieri, qui se détourne de Dieu pour provoquer sa chute de son rival.

René-Richard Cyr a su admirablement condenser la pièce de Shaffer pour en retenir l'essentiel, la déchirante jalousie qui anime Salieri à l'égard du prodige qu'est Amadeus. Le texte est sobre, agrémenté, comme dans le film de Forman, de la magnifique musique de Mozart.

Dans le rôle de Salieri, Michel Dumont m'a semblé manqué un peu d'intensité et d'expression, lui dont la vie bascule pourtant à l'arrivée du jeune Mozart à la cour de l'empereur. Benoît McGennis incarne un Mozart beaucoup plus étincelant, dont le caractère volage est accentué par ses costumes criards. Un tête-â-tête intelligent mais qui se révèle un peu trop froid, dans une mise en scène somme toute classique sur une scène sombre ayant peut-être contribué à éteindre quelques ardeurs.

La pièce de l'année

Amadeus demeure néanmoins la meilleure pièce que j'aie vue au terme d'une saison théâtrale passée cette année au Trident. Une première... qui ne sera sans doute pas répétée.

Doté de beaucoup de moyens, la compagnie a programmé des pièces variées qui m'ont laissé généralement... indifférent. Une nouveauté de Robert Lepage dans laquelle la forme dominait le fond, une pièce de Claude Gauvreau dont l'écriture à la limite de l'absurde m'a endormi et le personnage de Don Juan revisité par Éric-Emmanuel Schmitt, qui fait du héros un... homosexuel, marqué par une seule vraie relation amoureuse, masculine, à laquelle on ne croit pas du tout. D'autant plus que Don Juan était incarné par un comédien dénué de tout charisme.

J'aime le théâtre.

Le croisement d'une pièce bien écrite et près de mes préoccupations, de comédiens dont le jeu frise l'authenticité et d'une mise en scène originale qui exploite l'imaginaire plutôt que de tout montrer peut me toucher davantage que bien des films. Devrais-je magasiner mes pièces plutôt que d'offrir toute ma saison à un seul théâtre? Expérimenter de nouveaux lieux de diffusion, Le Périscope ou Première Acte, que je n'ai jamais fréquenté assidûment? Est-ce qu'à force de voir trop de pièces on devient trop blasé? Je ne peux pas le croire!

Comme les livres qui m'ont marqué, je me souviens encore avec bonheur de pièces qui m'ont émerveillé ou bouleversé, comme La trilogie des dragons de Robert Lepage ou Forêts de Wajdi Mouawad. Le théâtre peut être un médium extraordinaire...

lundi 20 avril 2009

J'ai reçu la tague...


... de mon amie Sophie Imbeault, blogueuse émérite, qui, depuis son carnet septentrional, me soumet ce questionnaire à relais sur la littérature! Merci Sophie de m'obliger à jouer du clavier en ces temps de flegme écrivaine... n'avais-tu pas écrit un billet sur le sujet, d'ailleurs?


1. Plutôt corne ou marque-page ?


Marque-page, dont plusieurs ont survécu à plusieurs déménagements, particulièrement ces signets illustrés des Publications du Québec dérobés à la Libraire L'Alphabet de Rimouski...


Parlant de corne, souvenir de N., qui, au tout début de nos fréquentations, m'emprunte un de mes meilleurs souvenirs de lecture, le premier tome de Harry Potter, qu'il lit tellement comme s'il était sien qu'il en "cornette" sans gêne les pages! On ne se fâche pas, dans les premiers temps... mais j'ai quand même reçu en cadeau un nouveau tome de Harry Potter à l'école des sorciers!


2. Un livre en cadeau ?


Je m'en achète souvent moi-même, grâce aux Bonidollars de ma carte Visa! Peu romantique... mais efficace pour garnir une bibliothèque.


J'oublie qu'un gigantesque cadeau livresque a meublé mon automne: les 3 tomes de la série Millénium, offerts par GB, DB et ML. Moi, c'est le 2e que j'ai préféré, pour l'intrigue et la sinistre histoire de Lisbeth Salander.

3. Lis-tu dans ton bain?


Désolé, je prends seulement des douches...


4. As-tu déjà pensé à écrire un livre?


Je vous ai déjà parlé de mon premier roman, Meurtre à Thetford Mines, écrit en 6e année ou quelque part par là... Du grand polar... à la Dallas!


5. Que penses-tu des séries de plusieurs tomes?


J'adore!!!


De telles séries comptent parmi mes meilleurs souvenirs de lecture:
  • des romans noirs: la saga des Malaussène de Daniel Pennac
  • une sage historique: les Rois maudits de Maurice Druon
  • du fantastique pour jeunes... adultes: la série Harry Potter pour le raffinement de l'intrigue.
J'en cherche une nouvelle avidement, d'ailleurs. Des suggestions? Sophie, pas les Rougon-Macquart de Zola, s'il-te-plaît, je n'ai pas franchi le premier chapitre de La bête humaine!


6. As-tu un livre culte ?


Pas vraiment, seulement des lectures qui m'ont vraiment passionné et dont j'amplifie le souvenir d'année en année! L'agenda Icare de Robert Ludlum, des aventures d'Arsène Lupin, les romans d'Agatha Christie sans Hercule Poirot ni Miss Marple - Les sept cadrans ou Rendez-vous à Bagdad, par exemple-, Debout les morts de Fred Vargas, un autre polar...


7. Aimes-tu relire?


Non! Trop de choses à lire pour perdre du temps à relire.


8. Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés?


Je suis plutôt du genre timide... je ne saurais trop quoi leur dire.


9. Aimes-tu parler de tes lectures ?


Oui, car j'aime entendre les gens parler à leur tour de ce qu'ils lisent!


10. Comment choisis-tu tes livres ?


Des suggestions d'amis ou de parents, des références glanées dans les journaux ou à la radio...


11. Une lecture inavouable?


Les grands titres du Sept Jours ou de La Semaine juste avant de passer à la caisse de l'épicerie...


12. Des endroits préférés pour lire?


Couché sur le divan de mon salon ou enfoui sous les couvertures dans mon lit.


13. Un livre idéal pour toi serait ?


C'est cliché mais il s'appuie sur une combinaison rarement satisfaite, une intrigue captivante et originale et des personnages forts auxquels on s'attache.


14. Lire par-dessus l’épaule ?


Pas lire mais tenter de savoir ce que les gens lisent quand je croise quelqu'un qui bouquine, oui!


15. Télé, jeux vidéos ou livre ?


Surtout pas jeux vidéos, un peu télé... mais définitivement livre... et journal... imprimé! Je suis un dinosaure, n'est-ce pas?



16. Lire et manger ?


Non, mais lire et prendre un café avant de déjeuner le samedi matin, sur la terrasse l'été, quel plaisir!


17. Lecture en musique, en silence, peu importe ?


Tel un accord mets-vin réussi, la musique peut ajouter à l'histoire en l'inscrivant dans une ambiance particulière! Mais je lis généralement sans musique...


18. Lire un livre électronique ?


Il faudra bien que j'explore cette techologie... mais lire à l'écran, ça ne me branche pas tellement! Déjà que je m'y emploie 5 jours par semaine...


19. Le livre vous tombe des mains : aller jusqu’au bout ou pas ?


De plus en plus, je renonce. On a plus le sens du temps qui passe en vieillissant!


20. Qu’arrive t-il à la page 100?


L'intrigue décolle enfin, comme dans les Pilliers de la terre de Ken Follett!


21. Un livre que tu donnerais à ton pire ennemi?


Les écoles historiques...



À l'inverse de Sophie, je manque dans mon réseau de blogueurs à qui transmettre la tague, mais si l'exercice vous intéresse, répondez au questionnaire -en tout ou en partie- en commentaire, je suis bien curieux!