dimanche 22 février 2009

Notes en bas de page


Un très joyeux anniversaire à mes cousines MHP et GP dont c'est l'anniversaire aujourd'hui. Et puis, avez-vous réussi à trouver une date pour ce souper de fête en famille? Avant la Saint-Jean-Baptiste, je veux dire...

Bonne fête en retard aussi- rassurez-vous, je le lui ai souhaité en personne!- à ma jeune maman de soeur, dont j'ai donné le boire à la jolie poulette hier soir! Il faut lever le biberon, Raphaël, pour que bébé ait accès à son festin...

Mais je m'écarte. Joyeux anniversaire à mon amie LC, enfin, pour qui, j'espère, le retour au travail se passe pour le mieux.

Il était une fois... mon bidonville


La 81e cérémonie des Oscars couronnera-t-elle ce soir comme meilleur film Slumdog Millionaire du réalisateur Danny Boyle? Lente, semble-t-il, à s'assurer un succès grand public à l'automne 2008, l'œuvre séduit depuis bien des cinéphiles et mériterait amplement la prestigieuse récompense, ne serait-ce que pour son scénario adapté du roman Les Fabuleuses Aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire de l'écrivain indien Vikas Swarup.

Tranches de vie

Participant pour une mystérieuse raison au quiz à grand déploiement Who wants to be a millionaire, le jeune Jamal Malik épate l'auditoire du jeu télévisé en répondant à des questions pourtant, juge-t-on, inaccessibles à un méprisable serveur de thé illetré des bidonvilles. Or, et c'est la force du roman-scénario, chacune des questions évoque un épisode de la vie de Jamal, une vie faite de souffrance, de douleur, mais aussi de solidarité dans l'épreuve.

C'est ce qu'offre de si substantiel, d'émouvant ou d'original le scénario de Slumdog... Une incursion souvent désespérante, parfois teintée des douces lumières d'un amour candide, au coeur des bidonvilles surpeuplés et croulants de misère de Bombay-Mumbai, métropole de l'Inde "victime" d'un développement économique anarchique dont les premières victimes sont justement leurs habitants sans ressources. Une incursion tantôt sale et poussiéreuse, tantôt pleine de couleurs ou de spectaculaire -magnifiques images du temple Taj Mahal envahi par les touristes ou d'un immense lavoir où se déploient draperies et tissus multicolores-, à hauteur d'enfants débrouillards, mousquetaires qu'habite un seul idéal : survivre, ensemble.

Plus de gris que de rose bonbon

Une vie au coeur de la misère et de la violence qui choque et consterne, donc, mise en scène avec brio par Danny Boyle et son équipe, qui donnent parfois à leur film des allures de photo-reportage ou de documentaire. Les scènes sont saisissantes, les jeunes acteurs touchant dans le malheur qu'ils incarnent, la musique ajoute du rythme et de la profondeur, ou encore cette palette de beauté dont se colore en toute fin une histoire plus grise que rose bonbon.

Slumdog Millionaire n'est pas "un beau p'tit film plein d'espoir" mais plutôt un voyage -que certains n'ont pas jugé authentique- dans une Inde grouillante dont plusieurs des habitants peinent à se tailler une place sous le soleil de l'expansion économique... ou les paillettes du royaume du cinéma sucré qu'est Bollywood, le Hollywood du pays de Ghandi.

Une sélection quatre étoiles

Je n'ai pas vu Frost-Nixon, le 5e film en nomination aux Oscars, mais les 4 autres oeuvres retenues à ses côtés dans la catégorie reine du gala du cinéma américain constituent selon moi d'excellents choix. Que me reste-il de...

The Curious Case of Benajmin Button (L'étrange histoire de Benjamin Button)

  • La beauté des images et des plans
  • Les effets spéciaux qui nous font oublier qu'ils sont des effets spéciaux
  • Cette douce lumière dans laquelle baigne une Louisianne post-ouragan Katrina
  • Cate Blanchett dansant avec grâce le balet ou s'excitant dans un bed-in festif avec Brad Pitt au son de la musique des... Beatles, il me semble?
  • Le lent mais pourtant cruel passage du temps
  • Cette métaphore du veillissement incarnée par le bébé que devient Benjamin en fin de vie

Milk

  • La force de caractère et l'empathie du militant campé avec assurance par Sean Penn
  • Les premiers regards entre Milk et son amant en début de film
  • Les teintes de sépia ou d'orangé des images aux airs de vieille camescope conduisant les 2 amoureux de New-York à San Francisco
  • Une scène magnifique, coup de téléphone au cours duquel l'amant devenu ex lui avoue sa fierté à quelques heures d'un destin cruel
  • L'ambiance joyeusement hippie qui infiltre le film
  • La musique si pertinente des Swingles Singers
  • Et bien sûr beaucoup de frustration à l'égard des défenseurs d'une proposition recommandant l'"éjection" des écoles des enseignants homosexuels pour qu'ils arrêtent d'apprendre aux jeunes à être gais!

The Reader (Le lecteur)

  • L'intensité du jeu de Kate Winslet et de son partenaire adolescent, David Kross, un talent fort prometteur qui éclipse dans le film son alter-ego adulte, le comédien Ralph Fiennes
  • La profonde tristesse qui pèse si lourd sur les épaules de ce jeune amoureux devenu avocat
  • "Les questions existentielles" post-projection, dixit ma tante D. dont j'ai beaucoup apprécié le commentaire : qu'aurais-je fait si j'avais été à la place de cette femme dont c'était tout simplement le travail de servir dans les camps de concentration? Trop facile de condamner avec violence quand on est né après 1950...

3 films à voir, donc, tout comme... À l'ouest de Pluton, mon film de l'année 2008 qui sort cette semaine en DVD. Peut-être ai-je un parti pris pour tous les films qui traitent de la jeunesse ou de l'adolescence, mais je vous assure que ce bijou de long métrage réalisé avec des "peanuts" vaut le détour.

lundi 16 février 2009

Ébranlé, mais pas touché


Voilà comment je me suis senti à la suite du film Polytechnique, du réalisateur Denis Villeneuve.

Rien à redire contre la mise en scène du film concoctée depuis longtemps par Karine Vanasse et son équipe, sans effets mélodramatiques, dans une sobriété relevée par plusieurs commentateurs :

  • le noir et blanc qui rend la ville, l'école, les victimes plus anonymes
  • des images qui confèrent à Montréal une laideur un peu sale en cette journée de neige timide, qui accentue le caractère clos de l'école Polytechnique
  • des scènes dures et saisissantes, particulièrement celle, bien sûr, où les garçons sont séparés des filles dans une salle de classe où l'horreur tient le premier rôle.
Dans ma tête comme dans celle sans doute de bien des gens qui ont eu le bonheur de ne pas se trouver à Polytechnique ce jour-là, le drame du 6 décembre 1989 a désormais ses images, celles de Denis Villeneuve.

Peu de prise à la réflexion

Il m'est cependant resté peu de choses à la sortie du film. Peu de matière à réflexion dans ce froid récit de la tuerie? Beaucoup moins en tout cas qu'à la sortie du film Elephant, du réalisateur américain Gus Van Sant.

Inspiré en partie de la tuerie de l'école Columbine, survenue en 1999 au Colorado, ce film lent m'avait habité durant plusieurs jours. Plus que Villeneuve, Van Sant prenait peut-être davantage le temps de camper les personnages de son drame, leur donnant une consistance qui les faisait aimer avant qu'ils ne deviennent victimes ou bourreaux. Je n'avais pu m'empêcher de ressentir une certaine pitié pour les 2 tueurs, adolescents rejetés que je revois s'embrasser avant de commettre leur crime, pour vivre cette expérience d'affectation au moins une fois dans leur vie...

Un film clinique

Cette émotion, le film Polytechnique voulait peut-être la susciter en présentant le parcours de 2 survivants. Quoiqu'en partie réjouissante, cette dernière partie du film évite mal le cliché alors que le personnage joué par Karine Vanasse rédige une lettre un peu convenue à la mère de celui qui a failli lui prendre la vie.

J'ai trouvé Polytechnique un peu trop... clinique, un corps qu'on dissèque avec minutie, une expérience qu'on raconte avec des faits, sans prendre partie.

Je me suis inquiété pour les parents des victimes qui ont vu le film : il me semble que leur douleur a dû se raviver en visionnant ces terribles images... Mon amie GB me disait que pour plusieurs, le film leur permet de se soulager d'un fardeau, d'un devoir de mémoire qu'ils étaient seuls à porter... Je leur souhaite. Effectivement, ce soir-là au cinéma, ce sont des jeunes, majoritairement des filles, de 18-19-20 ans qui venaient voir le film, par curiosité?

J'ai songé enfin qu'il s'agissait effectivement d'un film à voir, qui aurait peut-être gagné à être construit davantage sur les suites du drame que sur la tuerie elle-même, pour toucher davantage et comprendre l'impact de l'événement.

Auteur en hibernation!


Ai-je d'excellentes raisons pour justifier mon absence de ce blogue qui pourtant m'est cher? Aucune! Ma vie serait-elle devenue à ce point remplie qu'elle m'entraîne loin du clavier? Je mentirais si je répondais "affirmatif".

Du ski "éolien"

Qu'est-ce que je deviens, alors? J'hiberne, peut-être?

Quoique pas la fin de semaine, alors que CG et GL m'entraînent toujours dans leurs longues randonnées de ski de fond en me tirant du lit à 7h un samedi matin! Au fil des années, j'aurai compris avec elles que le froid, fut-il éolien, n'est pas un prétexte pour s'enfermer.

Ma plus belle sortie de ski cette année? Un 27 km au centre Le Refuge de Saint-Adolphe alors que le mercure frôlait les -20°C... par une magnifique journée ensoleillée parant les montagnes aux alentours d'une éclatante lumière. Cette lumière, quelques morceaux de chocolat noir au dîner, un récit d'un voyage à New-York dans la chaleur d'un refuge... ce jour-là, j'ai skié bien loin de mon quotidien !

Une coccinelle en cache-couche

Qu'est ce que je deviens encore? Je change mes premières couches et enfile à l'envers son pyjama à ma petite coccinelle agitée de filleule qui découvre Bébé Einstein, boit/mange toujours avec gourmandise et augmente sa vitesse de croisière dans sa balançoire!

Découvrir son bassin

J'oubliais... depuis 3 semaines, chaque mercredi soir, je fais la table, le chien, le chat, le singe ou l'enfant (voir l'image de ce billet) ! N'ayez crainte, je n'ai pas embrassé le théâtre expérimental ou entamé une session d'ombres chinoises : je suis des cours de yoga!

Peu familier avec mon bassin, j'apprends à découvrir cette partie de mon corps que ma prof tient en profonde estime et à partir de laquelle s'amorcent plusieurs des mouvements qu'elle nous enseigne. Bien caché entre les hanches et les fesses, ce redoutable bassin m'a peu interpellé à ce jour, lui qui pourtant peut être basculé, tordu, étiré, dressé et servir à bien d'autres choses sans doute!

Entre la posture du guerrier et celle de la mouette, je suis encore loin de maîtriser l'art de la respiration et j'ai parfois de la difficulté à visualiser ce que ma prof attend de nous, bien que j'apprivoise tranquillement ma colonne vertébrale...

Le collier de perles de nos vertèbres

Avez-vous déjà senti vos vertèbres s'empiler les unes sur les autres quand vous vous redressiez lentement? Un long collier de perles qui se déploie dans ce bruit de froissement si particulier? J'avoue avoir ressenti un léger haut le cœur l'espace d'une seconde en visualisant parfaitement cette section de mon squelette... tout en admirant l'impressionnante agilité de cette machine aux pièces savamment imbriquées qu'est notre corps.

Ésotérique, le yoga? Plutôt un reposant rempart contre les envahissantes bûches que ce foyer qu'est mon cerveau ne réussit pas toujours à brûler et qu'on s'acharne à lui refiler pour l'alimenter. Aperçu cette semaine sur une enseigne, le titre d'une pièce: "Je voudrais me déposer la tête". Oui, s'il-vous-plaît!

Réponse aux lecteurs....


... sur les commentaires concernant la pièce Le dragon bleu.

Merci à Seb de me rappeler à l'ordre dans son commentaire, merci surtout de continuer à me lire! Des journées difficiles au travail me conduisent au repli sur soi alors que je devrais au contraire me changer les idées par l'écriture! Et ce voyage sous le soleil, comment s'est-il déroulé??

David, tu seras peut-être aussi enthousiaste que la majorité des spectateurs présents au Grand Théâtre le soir où j'ai assisté à la pièce. Au fait, aurais-tu un blogue toi aussi?? La signature de ton commentaire semble l'indiquer...